Le leadership religieux

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Le texte intégral du: " Le leadership religieux. Perspectives post-Vatican II " de Sr Mary John Mananzan, OSB -  est disponible dans la section «Documents - UISG". Cliquez ici pour accéder à la section.

 

RÉFLEXIONS - Le 11 octobre 2012, nous avons célébré le 50° anniversaire de l’ouverture du second Concile du  Vatican. Ce fut véritablement l’un des événements majeurs de l’histoire de l’Église. À la suite de Vatican II, l’Église dans son ensemble a connu des changements révolutionnaires, positifs pour la plupart. Le Concile a suscité des changements et des développements liturgiques, sociaux, culturels et économiques. Christine Moulton de Salt Lake Tribune écrit : « Des conciles de ces derniers siècles, Vatican II est considéré comme celui qui a marqué le tournant le plus important, non parce qu’il aurait énoncé de nouvelles doctrines mais parce qu’il a changé les rapports de la foi et du monde moderne. (internet : Huff Post :Religion). Il a ouvert les fenêtres de l’Église et laissé entrer l’air frais (certains critiques pensent qu’il a aussi laissé entrer les ouragans). Il a apporté des changements fondamentaux dans la structure et la manière de gouverner l’Église, dans sa relation avec les autres religions et avec le monde. Il ne fait pas de doute que les religieux en général et les religieuses en particulier, ont senti que le puissant impact de Vatican II transformait leur manière de comprendre leur propre identité et leur style de vie. 
Bien que Vatican II n’ait pas produit de document spécifique sur le leadership religieux, il a introduit dans différents documents des concepts qui eurent une forte influence sur la perception postconciliaire du leadership religieux.

L’INFLUENCE DE VATICAN II SUR LA COMPRÉHENSION DU LEADERSHIP RELIGIEUX

1. Participation
Il est certain que l’Église reste encore très hiérarchique. Cependant, Vatican II a vraiment essayé d’encourager une plus grande participation des membres de la base. Pour Vatican II l’Église est une « communion » de membres qui partagent une même vision et la mission de convaincre les gens du monde que Dieu les aime, et de désigner le Christ comme le modèle de la manière d’aimer et de servir Dieu. Dans cette Église, les laïcs ne sont plus les spectateurs passifs qu’ils furent pendant longtemps ; ils sont désormais encouragés à être des ouvriers actifs dans la vigne du Seigneur.
Cela demande aux leaders religieux de comprendre autrement leur rôle et leur type de gouvernance. D’un modèle monarchique, fortement centralisé, on est passé, du moins dans certaines congrégations, à une structure plus circulaire et à une ouverture favorisant de se mettre à l’écoute des membres de la base dans la communauté. Le dialogue fut introduit et les assemblées communautaires devinrent une pratique courante. Dans de nombreuses communautés, le terme « supérieur » n’est plus utilisé aujourd’hui, supplanté par des termes tels que « coordinateur », « modérateur », etc. J’utiliserai cependant le mot supérieur puisqu’il est encore en usage dans la grande majorité des communautés religieuses.

2. La collégialité

Wikipédia décrit ainsi la collégialité dans l’Église catholique romaine : « La Collégialité se rapporte à la doctrine en usage dans l’Église catholique romaine de considérer que les évêques du monde, pris collectivement (le Collège des Évêques) partagent avec le Pape la responsabilité du gouvernement et le souci pastoral de l’Église. Bien qu’enracinée dans les enseignements anciens, cette doctrine fut exposée de façon explicite par le Concile Vatican II. L’un des principaux changements apportés par le Concile Vatican II fut d’encourager la création des Conférences Épiscopales (conférences des évêques).
Dans le leadership religieux, cela s’exprima par l’adoption d’un processus décisionnel collectif : des supérieures générales avec leurs conseils, des prieures, des abbesses et des provinciales avec leurs conseils respectifs. En aval, les supérieures locales appellent les assemblées communautaires à discuter et à prendre des décisions par rapport à des problèmes touchant leurs communautés et à leurs différentes formes d’apostolat.

3. La subsidiarité
La subsidiarité est un principe d’organisation qui stipule que les affaires devraient être traitées par l’autorité compétente la plus petite possible, la plus inférieure, ou la moins centralisée. Les décisions politiques devraient se prendre si possible au niveau local, plutôt que par une autorité centrale. (Lew Daly 2010-01-08. « God’s Economy ». The Financial Times. Retrieved 2010-01-25). The Oxford English Dictionary définit la subsidiarité comme l’idée qu’une autorité centrale devrait avoir une fonction subsidiaire, exécutant seulement les tâches qui ne peuvent être remplies de manière efficace à un niveau plus immédiat ou local.

Dans le leadership religieux cela signifie que les supérieurs situés en haut de l’échelle laissent les supérieurs qui sont au-dessous de lui décider des choses de leur juridiction et n’interfèrent pas, à moins qu’on s’adresse à eux. Ceci pour empêcher la micro-gestion, démoralisante pour les employés inférieurs et qui constitue une perte d’énergie pour les supérieurs au-dessus. La micro gestion peut également encourager les membres à passer pardessus la tête de leurs supérieurs immédiats et à aller directement à l’autorité supérieure, ce qui nuit à l’ensemble du système.

4. Le devoir de rendre compte
Bien qu’il ne soit pas fait mention spécifique de la nécessité de rendre compte dans les documents de Vatican II, les trois premiers principes - participation, collégialité et subsidiarité - incluent nécessairement la nécessité pour le leader de rendre compte. Ceci s’éloigne du leadership de type monarchie absolue dans laquelle les leaders n’ont à rendre des comptes qu’à Dieu et à eux-mêmes, pas à leurs administrés.

Avec la nouvelle manière de percevoir l’Église comme communauté d’une seule et même vision et responsabilité, Vatican II oblige les leaders religieux à rendre compte à leurs membres. Dans les communautés religieuses, les chapitres généraux et provinciaux comportent les rapports des supérieures majeures à leurs membres, destinés à informer ces derniers de la manière dont elles ont mis en œuvre la mission-vision de la congrégation ou les résolutions/recommandations des chapitres précédents.

 


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