Violences sexuelles : une réalité mondiale et cachée

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12/09/2014

violenceRÉFLEXIONS - L’Unicef a publié jeudi 4 septembre un rapport accablant sur la réalité mondiale des violences sexuelles à l’encontre des enfants. Selon l’étude, plus d’une fille sur dix a déjà été victime de violences sexuelles avant d’atteindre l’âge de 20 ans.

« Cachée sous nos yeux » est l’intitulé du rapport sur la violence envers les enfants publié hier par l’Unicef. L’étude s’est basée sur des statistiques en provenance de 190 pays, constituant ainsi « la plus importante collecte de données jamais effectuée » sur le sujet, a précisé l’Unicef dans un communiqué. L’initiative a été lancée par l’organisation en juillet 2013 dans le but de mieux comprendre ce triste phénomène et d’organiser une action collective visant à y mettre un terme.

Les résultats font état de nombreux abus sexuels envers des enfants dans des endroits où ils sont pourtant censés être en sécurité. Une violence cachée dans leurs propres communautés, écoles et au sein même de leur foyer. A travers le globe, pas moins de 120 millions de filles, soit une sur dix, ont subi des actes sexuels forcés avant l’âge de 20 ans. Parmi les 84 millions d’adolescentes mariées âgées de 15 à 19 ans, un tiers d’entre elles avouent avoir été « victimes de violences émotionnelles, physiques ou sexuelles perpétrées par leurs maris ou partenaires« . Il apparaît dans l’enquête que la violence entre partenaires est une réalité largement répandue dans une majorité de pays africains. En Suisse, une enquête nationale menée en 2009 a révélé que la cyber-victimisation représentait la forme de violences sexuelles la plus fréquente.

Conséquences durables

Les auteurs du rapport se sont également penchés sur les effets durables et souvent intergénérationnels de la violence. Ils ont également mis en lumière le fait que les enfants exposés à la violence ont davantage tendance à devenir chômeurs, à vivre dans la pauvreté ou à se comporter de façon violente envers les autres. Dans le monde, un cinquième des victimes d’homicides sont des enfants et adolescents de moins de 20 ans. Dans les pays d’Amérique du Sud, les homicides sont les principales causes de décès chez les garçons de 10 à 19 ans. De son côté, le  Nigéria enregistre le nombre le plus élevé d’homicides (13.000 en 2012) dont les victimes sont des enfants.

De nombreux actes d’intimidation ont également été enregistrés dans le monde entier. La discipline violente et autoritaire est aussi un phénomène répandu à travers le globe. « Environ 17 % de tous les enfants subissent des formes graves de châtiments corporels, comme être frappé à la tête, sur les oreilles ou le visage ou être violemment battu et à plusieurs reprises. »

Les dangers d’une « banalité »

Les mentalités sont perverties par cette violente réalité. Pas moins de 126 millions d’adolescentes de part et d’autre du monde (près de la moitié des jeunes filles âgées de 15 à 19ans) estiment qu’un mari est en droit de battre sa femme dans certaines circonstances.

Les statistiques de 30 pays différents montrent qu’environ sept filles sur dix âgées de 15 à 19 ans ont subi des sévices sexuels et/ou physiques et n’ont jamais demandé d’aide.  La majorité d’entre elles « ont affirmé qu’elles ne pensaient pas qu’il s’agissait de sévices ou qu’elles ne considéraient pas cela  comme un problème. »

Selon les auteurs du rapport, les données présentes dans le rapport proviennent uniquement de personnes qui ont accepté de témoigner. L’étude est d’autant plus accablante qu’elle ne représente qu’une estimation minimale des actes sexuels et violents commis envers les jeunes et les enfants.

Cliquez ICI pour accéder au résumé du rapport « Cachée sous nos yeux ».

Source: InfoCatho.be

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