Philippines - Témoignage d’un missionnaire: « idéologie et ressources financières de l’Etat islamique arrivent dans le sud des Philippines »

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23/10/2014

p dambra1TÉMOIGNAGE - L’idéologie et la proposition violente du prétendu « Etat islamique », le groupe qui sévit en Irak, sont arrivées dans le sud des Philippines et font actuellement des prosélytes grâce à d’importants financements étrangers. C’est ce que confirme à l’Agence Fides le Père Sebastiano D’Ambra, PIME, racontant la situation délicate de l’île de Mindanao, où vivent près de six millions de philippins musulmans.
Dans la zone de Zamboanga, en particulier, explique le Père D’Ambra, « sont encore évidentes les blessures de la grave attaque des rebelles du Front national de libération Moro (MNLF), qui a eu lieu en septembre 2013. De nombreuses familles sont encore évacuées et l’atmosphère interreligieuse en a ressenti ».
Entre temps le gouvernement a présenté une ébauche d’accord de paix qui se trouve à l’examen du Parlement. « Il s’agit d’un effort qui doit être encouragé mais l’accord présente des aspects critiques comme le fait d’être limité au Front national de libération Moro (MNLF) et de ne pas comprendre l’ensemble des formations musulmanes présentes dans le sud » remarque le missionnaire.
En outre, « un certain nombre de groupes violents et terroristes continuent à s’opposer à toute hypothèse de paix et à se livrer à de la propagande violente. Des groupes tels que les Bangsamoro Islamic Freedom Fighters ont proclamé leur appui à l’Etat islamique qui opère en Irak » poursuit-il. Le phénomène préoccupe parce que « l’idéologie intégriste islamique se mêle au mécontentement social et économique de la population locale et la pauvreté constitue un terrain fertile en ce qui concerne l’adhésion des jeunes. Chaque nouveau militant est en effet récompensé par une forte somme qui provient de l’étranger » raconte le Père D’Ambra.
Dans un tel contexte, la mission du centre pour le dialogue islamo-chrétien Silsilah (chaîne ndt), né sur initiative du Père D’Ambra, se poursuit. A côté des programmes de formation et de sensibilisation dans les écoles, à l’université, auprès des responsables religieux, le mouvement, 30 ans après sa fondation, en 1984, entend renforcer sa présence dans les moyens de communication de masse et lancer une radio qui, conclut le Père D’Ambra, « sera la voix du dialogue et promouvra les valeurs de l’harmonie, de l’amitié, du respect et de la collaboration entre chrétiens et musulmans ».

Source: Agenzia Fides, 15/10/2014

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