Madagascar - «Ce que vous avez fait au plus petits…»

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28/02/2014

mada2TÉIMOGNAGE - Il existe beaucoup de sujets de mécontentement dans la réalité malgache, je dois l’admettre. Et il est facile de se plaindre. La liste de ce qui rend malheureux s’allonge vite. Mais se plaindre ne sert à rien.   J’aime la sagesse contenue dans les proverbes de différentes cultures. Un proverbe africain dit: «Il est mieux d’allumer une bougie que de maudire les ténèbres». Court, évident et tellement vrai ! En tant que missionnaire j’ai ma «bougie», mais elle s’éteint souvent et je n’ai pas d’allumette pour la rallumer. D’autres personnes m’aident à raviver la flamme et mes plaintes se transforment en espérance et en gratitude, car je peux compter sur ceux qui m’entourent.   Depuis janvier 2011, nous avons une cantine scolaire grâce à un don d’enfants polonais dont je dois dire que je suis fière. La situation politique dans le pays, qui est toujours aléatoire et confuse, rend de plus en plus difficile pour les parents de nourrir chaque jour leur famille. Depuis que je suis directrice de l’école, j’ai fait particulièrement attention aux enfants pauvres et mal nourris. Comment enseigner à des enfants qui ont le ventre vide ? Beaucoup vont à l’infirmerie de l’école parce qu’ils sont faibles ou ont mal à la tête. Ma « bougie » est mon désir de leur donner chaque jour un bol de riz.   Après quelques mois, ma bougie a commencé à brûler avec une flamme plus joyeuse. La cantine dont nous avions rêvé est devenue réalité. Beaucoup de gens – nos élèves et leurs parents – sont venus pour la bénédiction du bâtiment. Nous avons béni une plaque sur laquelle on peut voir deux drapeaux: celui de Madagascar et celui de la Pologne, avec l’inscription: «Don des enfants Polonais aux enfants Malgaches».                                  

Le premier mois, nous avons fourni environ 1.500 repas. Le deuxième mois, le nombre a doublé. Ceux qui le peuvent donnent une petite contribution, et les autres mangent gratuitement. Récemment les gratuités ont augmenté. C’est une joie profonde de voir les visages heureux d’enfants mieux nourris qui arrivent avec leur cuillère à la main pour exprimer leur gratitude par une prière et un ‘Misoatra’ – Merci.   Souvent le samedi ou le mercredi après-midi, quand il n’y a pas de cours, les plus pauvres des enfants viennent avec leurs frères et sœurs pour nous aider à faire le ménage avec balais et serpillères. Seul le petit Angelo est désolé car personne ne veut lui donner un balai. Ils disent qu’il est trop petit. Angelo, notre préscolaire, a juste atteint le stade de: «donne-moi, je peux le faire» ! Il y a beaucoup de travail: nettoyer le riz et les arachides, balayer, désherber, ramasser du bois… de simples tâches qui sont accomplies dans la joie et souvent en chantant. Nos élèves peuvent étudier et profiter des repas grâce à la charité appelée «Adoption à Distance». Que Dieu bénisse tous ceux qui nous aident.                            

Pendant une visite dans les villages j’ai rencontré Tahine. Elle avait six ans à ce moment-là et était très petite. Ses yeux étaient tristes et ses mains très maigres. Plus tard son visage s’est éclairé d’un beau sourire. Grâce à Mrs Marta de Poznam (Pologne) qui a visité notre mission, Tahine a été inscrite dans notre jardin d’enfants et maintenant elle vient souvent dans mon bureau pour me montrer ce qu’elle a appris. Elle n’est plus aussi maigre qu’avant !   Tout le bien que nous faisons ici, tout l’amour que nous dispensons, nous suivrons au paradis. A tous ceux qui me procurent l’occasion de répandre cette aide et me donnent l’exemple, je veux exprimer ma reconnaissance.  

Wladyslawa Pirog, fmm

Source: FMM

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