Essayer d’être une sœur pour les autres pour leur apporter le Christ - Chili

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24/01/2014

Chile-FrsiteTÉMOIGNAGE - Je remercie le Seigneur pour la grâce d’avoir été appelée à répondre à son amour à la suite du Christ voici 25 ans, pour le don de la vocation missionnaire vécue parmi ceux vers lesquels Il m’a envoyée.   Les paroles de l’Evangile qui m’ont soutenue à mon arrivée au Chili résonnent encore dans mon cœur: «Celui qui a quitté maison, frères, sœurs, père, mère ou enfants en mon nom recevra cent fois plus…»  Mt 19, 29   Et il en fut ainsi pendant les 16 années de mission passées au Chili parce qu’ici je peux partager ma foi avec beaucoup de «frères» et de «sœurs» de culture, de mentalité, de langue complètement différentes et vivre dans différents climats depuis le désert de Atacama au nord du Chili, jusqu’à la région la plus pluvieuse de la terre, au sud du pays.  

Je dis en espagnol «Gracias, Señor» - merci Seigneur - pour le service missionnaire qui m’a permis de parler de toi, d’être ton instrument, de te préparer le chemin. Merci pour la mission d’évangélisation, parce que la foi se fortifie quand elle se partage, et elle devient alors source de joie.   L’activité de l’Eglise missionnaire est souvent comprise comme étant tournée vers les pauvres et donc lorsque nous pensons à la mission dans les pays en développement nous pensons aux œuvres de charité, d’éducation, de bienfaisance, de défense des droits humains, de combat contre la faim, d’aide aux réfugiés, aux orphelins, etc.   Pourtant ce qui est le plus important dans notre mission, c’est de prêcher l’Evangile. Le Pape Benoît XVI nous l’a récemment rappelé dans son exhortation apostolique «Verbum Domini»: «Ce que l’Eglise proclame au monde c’est le Logos d’espérance, parce qu’un homme a besoin d’une grande espérance pour vivre dans le présent, une grande espérance qui est le Dieu qui a un visage humain, et qui nous a aimés jusqu’au bout.»   Au Chili, dans beaucoup d’endroits, soutenir et renforcer la proclamation de la Parole de Dieu devient prioritaire parce que cette proclamation de la Parole appelle l’action. En rencontrant ceux qui n’ont pas accès à l’éducation et aux biens matériels, nous pouvons partager la Parole au moins autant que dans d’autres pays du monde.  

La famine spirituelle est beaucoup plus interpellante pour nous que la faim matérielle, parce qu’au Chili personne ne meurt de faim. On accepte son destin et la solidarité étonne souvent les gens. A Valdivia, ma communauté travaille dans deux quartiers de la paroisse, pour les gens qui habitent dans les bidonvilles, souvent exclus de la société.   Notre présence parmi eux est la reconnaissance de leur dignité comme personnes aimées de Dieu. Leurs besoins spirituels sont notre premier souci, parce qu’au Chili, seulement 10% des baptisés sont pratiquants. Le baptême est souvent mal compris, et considéré comme une protection contre la maladie et le mal. La plupart des gens vont à la messe seulement pour Noël, le dimanche des Rameaux, le Vendredi Saint et pour les funérailles. Dans le diocèse où je travaille il y a seulement 12 prêtres diocésains et quelques religieux prêtres, pour 25 paroisses. Certaines paroisses rurales comptent 30 clochers et le prêtre célèbre la messe une fois par mois ou une fois par an (il doit parfois y aller par le fleuve ou par la mer).   Notre activité missionnaire, là où l’Eglise est moins présente, est de faire connaître Dieu, de prier et de construire des communautés ecclésiales. Nous savons que la messe est la source de la vraie vie chrétienne, parce que nous y rencontrons Jésus vivant, sa Parole et son Corps, aussi nous apprécions le don du prêtre et de la messe quotidienne, là où c’est possible, et nous prions pour les vocations.   En Amérique Latine, je suis engagée dans la formation des laïcs de la paroisse: adolescents, jeunes, catéchistes, et depuis plusieurs années je suis aussi engagée dans l’éducation des plus pauvres, des jeunes en difficultés, dans des écoles où manquent les équipements et le matériel scolaire. Deux fois par semaine je prends le bateau de Valdivia à l’île Corral pour rencontrer les étudiants qui m’attendent, même par temps d’orage.                                             

Pour certains les cours de religion sont la première évangélisation. Ils entendent parler de Jésus-Christ pour la première fois. Plusieurs disent que les cours de religion sont le seul endroit et le seul moment de prière ensemble, parce que là où ils habitent il n’y a ni église ni chapelle. Beaucoup ont été détruites par le tremblement de terre en 1960, et n’ont pas été reconstruites. De plus, le pays connaît souvent des tremblements de terre, comme en février 2010, où 6 régions ont été dévastées. Jusqu’à aujourd’hui des milliers de gens attendent leur maison. A côté de la mission de charité, il y a la mission de maintenir l’espérance.   Pour mes étudiants et les gens de la paroisse, je suis simplement «hermana», une sœur, et j’entends souvent ce mot à l’école. J’essaye d’être une sœur qui s’intéresse à leurs problèmes, à leurs besoins, qui les écoute. Je leur apporte Jésus, des paroles d’espérance et de foi, parce que beaucoup d’entre eux sont incroyants ou incrédules. Ils ne trouvent pas de sens à leur vie et n’ont aucun désir pour l’avenir.   Continuons à proclamer Jésus en qui nous croyons profondément.   Brygida Koeppen, fmm

Source: FMM

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