La Rue des Femmes

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CANADA - Le but premier de cette fondation fut pour les itinérantes. La fermeture d’hôpitaux psychiatriques a accentué la clientèle qui s’est retrouvée dans la rue. Cette demeure contient vingt chambres et trois «lazy boys» pour les urgences. En hiver on instale des matelas par terre pour recevoir plus des dames.
Une seconde maison de treize studios, nommée «Daliha», loge des dames nécessitant différentes thérapies.

Dès la fondation, ma mission s’est ouverte sur le monde. Je croise le chemin de personnes de toutes cultures, de toutes religions et de toutes croyances. Une grande gamme de souffrances physiques, psychiques, morales, etc… viennent à nous.

L’heure du repas du midi est le rendez-vous de plus d’une cinquantaine de femmes incapables monétairement de se payer tous les repas. La Directrice voit régulièrement à ce que la nourriture soit succulente et substantielle.

Le personnel travaillant auprès de ces femmes est constitué de psychologues, de personnes travaillant en relation d’aide, d’assistantes sociales, d’artistes et de différentes approches thérapeutiques : coiffure, manucure, écriture, chant, yoga etc…

La raison d’être de cet établissement est l’insertion de ces bénéficiaires au sein de la société. Cela peut demander sept années et plus. Pour certaines, leurs blessures sont si grandes que seule une présence aimante aide à leur survie.

Personnellement, mon apostolat consiste à remplacer, lorsque nécessaire, la réceptionniste pendant son temps de diner et à faire de la thérapie par l’artisanat. J’enseigne de 12 à 15 différentes techniques d’artisanat.  Je suis présente aussi aux repas, moment favorable pour mieux connaître ces personnes et leurs besoins.

Ce qui me touche le plus c’est lorsque je peux voir l’épanouissement de ces personnes, lorsqu’elles retrouvent l’estime d’elles-mêmes. Par les activités d’artisanat elles se rendent comptent aussi qu’elles ont la capacité de créer. Le tout de ma mission apostolique a pour commencement le silence, la prière,
la contemplation. Quant à son action, elle est multiple dans son unicité. Par l’art, le repas, la réception…Ma présence religieuse est le premier signe missionnaire.      

Mon écoute réceptive et adaptative s’ouvre de plus en plus aux différentes personnalités de femmes en détresse. La plupart sont des itinérantes, puis des femmes ayant des problèmes de santé mentale et d’une gamme imposante d’addictions liées aux problèmes sociaux d’aujourd’hui… Être avec ces dames demande de lâcher prise sur mes croyances personnelles et aimer inconditionnellement.

Cet envoi m’ouvre également aux intervenantes souvent en mutation car l’approche de cette clientèle est pour certaines employées trop lourde à porter.  Des stagiaires nous arrivent de différentes écoles de Montréal et de France. En partageant mes observations écrites depuis 10 ans, j’essaie de leur faire saisir que l’expérience de vie est plus enrichissante que ce qui est livresque.

C’est lors du décès d’une de ces ¨Femmes de RUE¨ que je témoigne de ma foi en glissant dans mon témoignage des extraits de la Parole de Dieu tout en exprimant la beauté d’âme de celle qui vient de nous quitter. Vivre avec ces bénéficiaires demande un dépassement de soi à tout instant, un regard
de bonté, de la compréhension et beaucoup d’amour.

Cette mission est belle, très belle, car elle me sculpte et augmente ma conviction que je suis au service du Seigneur. Je crois qu’elle est bien dans le regard d’actualité de notre fondatrice, Marie de la Passion.

Ce travail  apostolique est une goutte d’eau dans l’océan dont je ne connais pas la dimension des cercles mais je sais que le Seigneur est présent en tout temps.

Estelle LeCourtois, fmm

http://www.fmm.org

Publié: 12/11/2013

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