Un cœur à cœur privilégié avec le Seigneur : la journée désert

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VIE CONSACRÉE - Dans nos vies trépidantes de religieuses en plein monde, il est des moyens vitaux pour vivre notre consécration au Seigneur sans faux-semblants. La prière quotidienne bien sûr. Mais aussi la journée désert chaque mois, qui me désaltère de manière sensible depuis 3 ans. Présentation de cette oasis, qui n’est pas réservée aux religieux !

 

 

« Chacune est invitée à vivre une journée de désert par mois.

Elle vit ce temps de solitude pour Dieu,

selon ce qui l’aide davantage à lâcher prise et à se retrouver devant Lui. »

Règle de vie de la Xavière (Normes complémentaires)



Dans nos vies trépidantes de religieuses en plein monde, il est des moyens vitaux pour vivre notre consécration au Seigneur sans faux-semblants. La prière quotidienne bien sûr. Mais aussi la journée désert chaque mois, qui me désaltère de manière sensible depuis 3 ans. Présentation de cette oasis, qui n’est pas réservée aux religieux !

Une journée planifiée à l’avance

Habituellement, je prends ma journée désert le samedi, une fois par mois. Je réserve la journée dans mon agenda à l’avance, avec si possible la soirée de la veille, pour bien avoir 24h. Parfois je vais vraiment ailleurs, dans un lieu de silence : un monastère, un chalet dans la nature prêté par des amis. Le désert peut durer un week-end entier dans ces cas-là. Mais la plupart du temps, je vis ce temps chez moi, à la communauté, et dans des lieux spirituels en pleine ville qui me ressourcent. Cela me fait habiter la ville autrement.

Entrer dans le silence

La soirée du vendredi me permet de me poser devant le Seigneur. J’aime y vivre un temps d’adoration long, où remonte devant le Seigneur ce qui a été marquant dans le mois. Ce qui m’a fait difficulté, ce qui m’a donné de la joie. Cœur à cœur gratuit, ou juste repos simplement sous son regard, dans la confiance, même si je ne sens rien. Souvent, remontent beaucoup d’affaires du travail dans un premier temps : je ne le chasse pas, je présente tout. Remontent aussi des points encore douloureux parfois de relations communautaires, familiales, amicales : je présente tout. Mais remontent aussi après tout cela le souvenir d’un temps particulièrement heureux, les paroles d’un chant, une Parole de l’Écriture…

Écouter la Parole

Le lendemain matin, après une bonne nuit, je prends un temps d’oraison d’une heure. Oraison, c’est-à-dire que je prie avec un texte de l’Écriture, en demandant à Dieu une grâce que je désire recevoir de Lui, puis j’écoute la parole en m’imaginant dans la scène : je regarde, j’entends, je touche si possible. C’est donc très vivant.

Le texte, je l’ai choisi en général la veille, suite à ce qui est venu dans l’adoration. C’est un texte qui m’attire pour une rencontre personnelle avec le Seigneur : un texte qui m’a marquée pendant ma dernière retraite, par exemple Jérémie chez le potier (Jr 18), ou un texte qui me parle en fonction de ce que je vis, par exemple Elie découragé qui va vers l’Horeb (1 Rois 19), ou Jésus qui marche sur l’eau à la rencontre des disciples dans la barque (Mat 14,22-33).

Refaire Alliance

Dans cette journée désert, j’aime vivre le sacrement de réconciliation. Là encore, je le vis sur la base de ce qui est venu dans l’adoration. Je commence d’ailleurs toujours par rendre grâce pour les bienfaits du Seigneur pour moi dans le mois écoulé, et sur ce fond d’amour immense, je peux reconnaître mes oui-à-demis, mes refus. Le pardon de Dieu donné par le prêtre me relance sur le chemin en confiance avec le Seigneur, servante quelconque et pleine d’imperfections, mais servante choisie par lui pourtant.

Réorientation vers le Seigneur par la lecture, la prière, la nature

Je prends aussi le temps d’une lecture spirituelle, une lecture qui nourrit même si je ne lis pas tout. Souvent, je choisis le matin de mon désert un numéro de la revue Christus, qui traite d’un thème à partir d’articles de 10 pages environ, avec la Bible, la sociologie, l’anthropologie, la psychanalyse, l’art ou autre comme angle d’approche. Devant la bibliothèque, je regarde les thèmes et je sens de quoi j’ai besoin. Le numéro « Face au découragement » m’a accompagnée pendant presque toute ma première année de vœux, tellement mon environnement au travail était morose et découragé. Je reprenais des forces pour vivre la mission dans ce contexte.

C’est aussi un temps pour relire un chapitre des Constitutions et prier avec : un des trois vœux, ou la vie communautaire, ou notre vie de prière…  C’est ma manière de rechoisir ma vie Xavière en venant revisiter la source de ce que j’essaie de vivre.

Une partie de la journée, quand le temps le permet, se passe dans un parc. Un parc que je connais déjà, en marchant tout doucement : je ne veux pas chercher à « rentabiliser » ma journée en combinant le désert avec découverte touristique ou sport, j’essaie de couper avec mes pratiques habituelles pour être vraiment sans armes devant le Seigneur. Du coup, j’ai aussi par moment l’impression qu’il ne se passe rien, que je ne rencontre personne : c’est le désert dans son aridité… Mais l’ennui permet à l’important de se faire entendre, si on continue à tendre l’oreille. Cette expérience m’a marquée, alors j’aime aussi les temps d’aridité dans les déserts.

« Voir comment Dieu agit dans ma vie »

Ce que je décris ne se veut pas un modèle, c’est une manière de vivre cette journée de silence pour le Seigneur. Il est évident qu’il y a autant de styles de journées désert que de personnes qui en feront l’expérience. L’essentiel, c’est ce que cela produit. Pour moi, tout cela, vécu doucement dans le silence, m’aide à voir comment Dieu agit dans ma vie et autour de moi. Je me laisse aimer telle que je suis, je puise des forces et je me laisse réorienter pour que toutes mes actions, toutes mes intentions, toutes mes pensées soient vraiment à la louange de Sa gloire.

« Après leur première mission, les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu’ils ont fait et enseigné. Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu’on n’avait même pas le temps de manger. Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l’écart. » Marc 6, 30-31v

 

http://blog.jeunes-cathos.fr

Publié : Août 2012

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