Nouvelles expériences

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USG-UISG - La quatrième et dernière journée de travaux du séminaire théologique sur la vie consacrée apostolique  a commencé ce matin, 11 février, par une conférence de la théologienne brésilienne, Vera Ivanise Bombonatto, religieuse de la congrégation St Paul. Elle a mené une ample réflexion sur les nouvelles expériences de vie religieuse apostolique dans l’Église en partant surtout de la réalité du Brésil, où l’on n’en compte actuellement pas moins de 500. Il s’agit, a-t-elle dit, d’un phénomène tellement multiforme, complexe et polyédrique qu’une analyse complète est quasiment impossible.

De façon générale, on parle aujourd’hui de “communautés nouvelles” de vie consacrée dont l’instruction « Vita consecrata » (n. 62) a esquissé le profil. Historiquement, un bon nombre de ces nouvelles réalités de vie consacrée sont issues du Renouveau charismatique catholique qui, au cours des dernières décennies « s’est  fortifié et affirmé comme mouvement spirituel centré sur les dons de l’Esprit et le vécu des charismes ». Ces communautés vivent actuellement un moment de large développement, contrairement aux communautés “anciennes” toujours plus aux prises avec les problèmes de vieillissement et le manque de vocations.

D’après la conférencière, les facteurs qui rendent l’analyse difficile sont à chercher dans le caractère théologal des expériences nouvelles, dans la variété et la diversité des charismes et des formes d’expression, dans leur quantité, ne serait-ce que dans les statistiques, et dans la « nouveauté » problématique que présente un certain nombre d’entre elles. Pour les comprendre de manière juste du point de vue théologique, trois aspects fondamentaux sont à considérer : la nouveauté permanente de l’Esprit, le scénario pluriel de l’époque actuelle, le paradigme de la complexité déterminée par les profonds changements en cours dans la société à l’échelle mondiale.

La conférencière s’est arrêtée en particulier sur les aspects les plus importants qui, dans ces nouvelles expériences, peuvent se résumer en substance à une forte expérience spirituelle capable de faire face au sécularisme, une nouvelle manière de vivre la consécration religieuse, une austérité et une radicalité évangélique voulues, à la place centrale de la figure du fondateur/de la fondatrice, qui garantit l’esprit de fondation, à une nouvelle conscience d’appartenance ecclésiale, caractérisée par la laïcité et par la catholicité, à une certaine flexibilité et une souplesse institutionnelle, un sens communautaire fort marquée par le primat de la communion sur l’action, à une ferveur missionnaire et à l’usage fréquent des médias comme moyen privilégié d’évangélisation.

Devant ces nouvelles expériences, a déclaré Vera Bombonatto, on pourrait se demander: « Qu’est-ce qui arrive à la vie religieuse? Quelles leçons pouvons-nous tirer de ces nouvelles formes ? Comment vivre la vie consacrée apostolique dans un contexte multiforme, pluriel et en perpétuel changement? » Pour trouver une réponse juste il faudrait non seulement revoir complètement notre façon de penser Dieu et notre relation avec Lui, mais repenser aussi le rôle de la vie consacrée dans l’Église et la société, notre façon d’être Église aujourd’hui, et la théologie de la vie consacrée.

Vera Bombonatto a bien concrétisé son discours par la présentation de quelques “communautés nouvelles” unies par leur origine d’inspiration franciscaine, mais très diverses entre elles non seulement du point de vue géographique mais par les modalités concrètes dans lesquelles sont vécues ces nouvelles expériences. 
L’ancien Ministre général OFM, Giacomo Bini, a présenté  la “Fraternité missionnaire européenne de Palestrina” dont il est le fondateur et responsable depuis quatre ans : une « forme nouvelle née à l’intérieur d’un institut de vie consacrée apostolique ». L’enracinement intentionnel et explicite dans la spiritualité et la tradition spécifique des Frères mineurs, à brève distance de la naissance de la Fraternité de Palestrina, n’a pas fait obstacle mais favorise même un re-départ des vocations franciscaines.

Différent est le parcours de la franciscaine Osf, Ilia Delio qui, il y a plusieurs années aux USA, a donné vie avec une de ses sœurs à une communauté nouvelle de “vie évangélique franciscaine”, non avec une intention délibérée de renouveler les anciennes formes de vie religieuse, mais en cherchant à être présentes au monde, comme des « femmes centrées sur l’Évangile ». Pour sa part, Sr. Suzanne Phillips, tout en exprimant le souhait qu’un jour l’Église reconnaisse aussi à côté de la vie religieuse contemplative et active la vie religieuse de “vie évangélique”, s’est simplement limitée à parler des “nouveautés” de la vie consacrée en Australie au sein des instituts déjà existants. Devant la crise actuelle de la vie consacrée, on ne devrait jamais désespérer car le Seigneur est toujours prêt à « faire toutes choses nouvelles ».

Au cours de la dernière assemblée générale du séminaire ont surgi non des conclusions et des propositions, mais quelques indications importantes pour la route à suivre dans l’avenir précisément à partir du travail de ces journées. Dans les prochains jours seront publiées intégralement sur ce site, toutes les conférences et communications écoutées ces jours-ci. Une manière adroite d’élargir la réflexion sur un thème aussi important que celui de la vie consacrée apostolique.

Demain, 12 février, le séminaire théologique se conclura  par l’Eucharistie présidée par le nouveau secrétaire du Dicastère du Vatican pour la vie consacrée , Mgr. J. Tobin qui, en qualité d’ancien supérieur général des rédemptoristes, jusqu’à tout récemment, et aussi comme ancien vice-président de l’USG, n’a jamais manqué d’apporter sa précieuse contribution par une présence toujours plus significative de la vie consacrée apostolique dans l’Église et dans la société d’aujourd’hui .

 

p. Angelo Arrighini

Publié: 14/02/2011

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