Appelés et envoyés

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Il lui avait été demandé de mettre en évidence les principales acquisitions nouvelles en théologie de la vie religieuse apostolique et les nombreuses questions encore ouvertes. Elle l’a fait, a-t-elle dit expressément « en tant que supérieure générale qui est aussi théologienne, et non l’inverse ».  Sr Mary Maher a commencé par exposer clairement sa conviction de départ : avant d’être une question juridique, la vie religieuse apostolique « est une vocation ecclésiale ». Elle a articulé son intervention en expliquant d’abord en quoi consiste la forme de vie apostolique dans l’Église. Puis, elle s’est interrogée  sur “la question la plus critique qui nous divise dans l’Église d’aujourd’hui et qui nous empêche d’avancer ensemble ». Elle a conclu en indiquant quelques sujets significatifs et fondamentaux que l’Église d’aujourd’hui ne peut pas ne pas affronter.

À propos de l’identité de la vie religieuse apostolique, elle a dit ne pas avoir trouvé de meilleure description que celle-ci: “appelé(e) à être avec le Christ qui est tout pris et absorbé par l’accomplissement de sa mission d’envoyé du Père ». Les « religieux et religieuses apostoliques » sont fondamentalement des personnes « appelées dans une communauté de disciples  et envoyées en mission pour la vie du monde ». Les deux concepts fondamentaux depuis toujours “communio” et “missio”, ont cependant, au cours de l’histoire pris des connotations diverses, tout en continuant malgré tout à apporter leur contribution significative dans la sphère de la réflexion ecclésiologique.

Toutefois, il n’est pas possible d’ « ouvrir la porte à un cadre théologique capable d’éclairer l’identité de la vie religieuse apostolique dans l’Église et le monde d’aujourd’hui » sans disposer d’une « clé » d’interprétation tout à fait particulière, celle de la « découverte » de la conscience historique, spécifique de l’ère moderne et postmoderne. Cette conscience a eu d’« énormes implications » pour la théologie, la vie, la prière  et la praxis non seulement de l’Église mais aussi de la vie religieuse apostolique. L’importance de cette clé d’interprétation une fois comprise, il été très facile de se rendre compte de « toute l’encre qu’on a fait couler sur la question de savoir si la vie religieuse apostolique se vit aux frontières de l’Église ou au cœur de l’Église ».

Toujours grâce à cette conscience historique, on a également compris de façon diverse le concept lui-même de mission qui, avant d’être une activité de l’Église est un « attribut de Dieu » lui-même. En effet, il est dans la nature de Dieu « d’être missionnaire, de chercher la relation, pour diffuser l’amour” Par conséquent, « L’Église fait partie de la mission de Dieu dans le monde, mais elle n’épuise pas toute l’œuvre de Dieu dans le monde ». Dans un contexte culturel occidental comme celui dans lequel nous vivons actuellement, les religieux et religieuses doivent avoir le courage d’embrasser l’avenir auquel Dieu les appelle malgré l’incertitude insoluble et la compréhension partielle qu’ils/elles ont de leur situation dans le monde. « ‘Risquer l’espérance’ est véritablement un chemin de sainteté tout-à-fait postmoderne. »

La conférence dense et stimulante de Mary Maher, a été successivement intégrée par les brèves communications faites par l’ancien Maître général de l’ordre des Dominicains, le p. Carlos Azpiroz Costa (Lecture théologique des principales formes historiques de la vie consacrée), la théologienne américaine Sandra Schneiders, bien connue depuis le Congrès international de 2004, “Passion pour le Christ. Passion pour l’humanité” (Nature radicale et sens de la vie consacrée), et le théologien salésien Juan Bartolomé (Fondement théologique de la vie consacrée).

Sur les contenus de toutes ces interventions se sont ensuite articulés les travaux de groupes de l’après-midi, en attendant de reprendre les travaux demain, 10 février, avec l’écoute de la conférence préparée par l’ancien Père général des Carmes, le p. Camilo Maccise, malheureusement empêché pour des raisons de santé, de la présenter en personne.

L’après-midi a participé aux travaux du séminaire théologique, le nouveau secrétaire du Dicastère du Vatican pour la Vie Consacrée, Mgr Joseph Tobin qui reviendra samedi matin présider l’Eucharistie de clôture de cet important séminaire théologique, premier du genre, sur la vie consacrée apostolique.

 

 

p. Angelo Arrighini

Publié: 10/02/2011

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