Se former à la théologie...

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C’est le conseil diaconal du diocèse de Namur qui l'organise et en détermine le programme. Son responsable, l’abbé Jules Solot, doyen de Rochefort, en est convaincu: s’il est vrai qu’il faut offrir des cours de qualité, donner aux étudiants le niveau de compétence suffisant pour leur permettre de parler au monde de l’Eglise et du sens de la vie, les moments de convivialité sont également d’une importance primordiale. Cela fait partie d’un tout; on se forme tout autant en suivant un module d’Ecclésiologie qu’en partageant les expériences d’autrui autour du pique-nique de midi…

En presque 20 années d’existence, le cycle de formation théologique de Rochefort en a vu défiler, des étudiants. On en compte en moyenne 15 par année. Les candidats diacres sont toujours de la partie (ils étaient au nombre de 7 l’an passé, ils seront 5 l’an prochain), mais il y a désormais d’autres catégories de personnes, d’autres visages. Les profils sont variés: de la dame agricultrice qui souhaite devenir assistante paroissiale, à la prof d’économie qui désire obtenir un certificat de complément pour enseigner la religion, en passant par l’épouse d’un candidat diacre ou encore le retraité du coin avide de nouvelles connaissances théologiques…

Pour l’abbé Jules Solot (photo du haut), doyen de Rochefort et responsable de la formation, cette diversité de profils constitue une des richesses de la démarche: ''Tous les participants arrivent avec leur expérience spécifique, souvent déjà longue, avec leur vie faite de joies et de souffrances. Nous faisons attention à proposer une formation qui est en dialogue permanent avec eux, et qui tient compte de ce que les gens ont vécu ou vivent toujours. D’une certaine façon, l’expérience des gens compte déjà dans le processus de formation.''

Pas de nivellement par le bas

Côté cours, le programme complet s’étale sur 3 années, soit 12 modules principalement axés sur la formation biblique. Si le public a évolué, l’investissement en travail, lui, demeure une constante. Le doyen Solot explique: ''Notre critère de base, c’est de maintenir un niveau suffisant de formation en vue du ministère diaconal. C’est donc le niveau d’exigence minimum qui est valable pour tous les étudiants. Cela veut dire que nous ne pratiquons pas de nivellement par le bas: en sortant de la formation, les étudiants seront amenés à discuter avec des interlocuteurs devenus très exigeants, voire critiques, vis-à-vis de l’Eglise et du sens de la vie. Dès lors, la formation doit leur offrir les bagages qui leur permettront de dialoguer. C’est une question de crédibilité et de sérieux.

D’autres milieux exigent un certain niveau de compétence, pourquoi l’Eglise ne pourrait-elle pas le revendiquer elle aussi?'' Bref, on l’a compris, la formation demande un réel investissement de travail. Et le doyen de Rochefort de poursuivre: ''Je voudrais tirer mon chapeau aux personnes qui viennent suivre la formation. Seize samedis par an, à raison de 4 heures de formation par journée, cela peut paraître peu de chose. Mais en réalité, c’est énorme quand on pense à la quantité de matière qui est proposée, et à l’important travail à domicile de lecture et de synthèse qui est demandé aux participants. Quand on sait que certains mènent en parallèle une vie professionnelle et/ou une vie de famille, je suis réellement admiratif devant leur engagement et le travail acharné qui est produit''.

Déroulement d’une journée de formation
Une journée de formation commence à 9h par la prière des laudes. Elle est obligatoire pour les candidats diacres, mais tous les participants y sont les bienvenus. De 9h30 à 11h30, ce sont les cours du matin. À 11h30, un nouveau temps de prière est prévu, avec célébration de l’Eucharistie. À midi, c’est l’heure du repas et du pique-nique que chacun apporte. La journée se poursuit, de 14h à 16h, avec les cours de l’après-midi. Tout cela se passe dans les locaux d’Accueil Famenne, le centre social de Rochefort, pluraliste à la base, mais dans lequel de nombreux catholiques sont à l’œuvre. Les professeurs et les étudiants peuvent en outre compter sur l’accueil des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, qui y sont installées, et qui mettent à disposition leur chapelle pour les deux temps de prière de la journée.

L’Espérance tire en avant

Une des plus grandes satisfactions de l’abbé Solot est de voir que les gens qui assistent à la formation ''s’y plaisent bien''. En outre, il insiste sur le fait que la formation est souvent vécue comme un lieu de libération de la foi: ''les gens sont libérés des idées préconçues qu’ils avaient de Dieu; ils redécouvrent leur foi d’une autre manière… ce qui ne va pas toujours sans mal, en ce sens où on assiste parfois à des remises en question radicales.'' Naturellement, la formation conduit parfois aussi à des déceptions: ''Il n’est jamais évident, par exemple, de devoir demander à un candidat diacre d’arrêter sa formation… Dans ces cas-là, on a parfois l’impression de dépenser de l’énergie pour rien. Alors je me raccroche à l’Evangile et au message très actuel qu’il propose. C’est ce qui me donne envie de travailler… l’idée aussi de la ‘diaconie’ de l’Eglise, de l’Eglise au service des hommes et qui travaille à l’Humanisation. Je crois en la vertu de l’Espérance qui me tire en avant.''

Perspectives
L’abbé Solot le reconnaît bien volontiers: ''Jusqu’à présent, nous avons été plutôt discrets dans les moyens de faire connaître notre formation théologique, mais désormais nous avons l’ambition de nous donner les moyens d’une meilleure publicité, notamment par la distribution d’affiches ou la publication de communiqués dans la presse. En outre, un grand projet de collaboration existe avec la Faculté de Théologie de Louvain-la-Neuve. Si cela se concrétise, deux formations organisées dans le diocèse de Namur, dont la nôtre, seront reconnues par la Faculté. Certes, cela nécessitera de notre côté quelques aménagements de programme, mais cela permettra surtout, à terme, de pouvoir offrir aux étudiants qui passent par Rochefort, un diplôme certifié par Louvain-la-Neuve. Nous pourrons alors bénéficier de la meilleure visibilité qui soit.''

 

www.diocesedenamur.be

Publié : 25/08/2011

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