En Belgique, 13000 femmes ont l’appareil génital mutilé

Imprimer

10/02/2014

excisionSANTÉ - L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), estime entre 130 et 140 millions le nombre de femmes ayant subi des mutilations génitales. Et cette sexuelle continue à faire rage puisque chaque année, quelques 3 millions de femmes y sont encore exposées.

Cette brutalité génitale n’épargne en rien notre petit pays. Selon une étude financée par le SPF Santé publique, notre territoire serait peuplé de plus de 13,000 femmes ayant subi une ablation totale ou partielle de leurs organes génitaux externes. Menée par deux chercheuses de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers, l’étude révèle également que plus de 4000 filles et/ou femmes résidant en Belgique encourent un risque potentiel d’excision du fait de leurs origines.

En 5 ans, le nombre de cas d’excisions à doublé

En 2008, une étude similaire avait conclut que 6260 femmes de notre pays étaient  « très probablement excisées. » En 5 ans, le nombre a donc doublé. De nouvelles données rentrent en effet en ligne de compte pour expliquer cette forte augmentation. Fabienne Richard, l’une des chercheuses anversoises met en cause « l’arrivée de femmes originaires de pays où l’excision est traditionnellement répandue, ainsi que la naissance d’une deuxième génération dans ces communautés. »

Selon l’étude, les femmes originaires de Guinée, installées aujourd’hui en Belgique,  sont les plus nombreuses à être excisées ou confrontées au risque de le devenir un jour. Un peu moins de 6,000 guinéennes seraient dans cette situation. L’étude estime qu’elles sont environ 1700 somaliennes et 1130 égyptiennes.

Laurette Onkelinx, la ministre de la Santé a tenu à réagir en rappelant que « les mutilations génitales sont punies pénalement en Belgique« . La ministre a ajouté que ‘l’INAMI a décidé de reconnaître deux centres de référence (l’UZ Gand et le CHU St-Pierre)« . Dans un futur proche, ces centres devraient bénéficier de financements pour permettre l’accueil et la prise en charge de  patientes excisées.

L’homme qui répare les femmes

Le 3 février dernier, le docteur congolais Denis Mukwege a reçu le titre de docteur honoris causa de l’UCL. Connu sous l’appellation de  « l’homme qui répare les femmes », Denis Mukwege soigne les femmes victimes de viols et de mutilations sexuelles, utilisés dans son pays comme arme de guerre, notamment dans l’est. Il a fondé l’hôpital de Panzi, à Bukavu dans la région du Sud-Kivu, où il a déjà soigné plus de 40.000 femmes depuis 1999. Militant des droits de l’homme, ce gynécologue-obstétricien parcourt aussi le monde pour sensibiliser les consciences à cette brutalité. Cet homme répare, porte la douleur et se fait l’avocat de toutes ces femmes dont les souffrances sont telles qu’elles n’osent en parler. Profitant de son passage, à l’UCL, nous l’avons rencontré.

Sophie Timmermans

 

Source: InfoCatho.be, 06/02/2014

AddThis Social Bookmark Button