L’Église aussi se bat pour la planète

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JPIC - Du 20 au 22 juin, se tiendra dans la capitale brésilienne la Conférence des Nations Unies pour l’environnement et le développement durable, baptisée « Rio+20?. Si les voix se multiplient pour alerter sur l’état inquiétant de la planète, peu de résultats sont attendus de ce sommet. D’où la mobilisation et l’organisation d’un contre-sommet, auquel l’Église entend participer largement.

Et si l’avenir de notre planète se jouait à la fin de ce mois? C’est cette terrible éventualité que Ban Ki-Moon souhaite mettre en avant lors du Sommet sur le développement durable qui se tiendra à Rio, du 20 au 22 juin. Le secrétaire général de l’ONU s’active en effet pour éviter un échec à cette conférence mondiale où seront représentés 193 pays. Car s’il n’y a pas d’accord, assure-t-il, cela pourrait être « tragique » pour la planète. Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) tire, lui aussi, la sonnette d’alarme. « Si rien n’est fait pour inverser la tendance« , a averti son directeur général Achim Steiner, « les gouvernements devront assumer la responsabilité d’un niveau de dégradation et de répercussions sans précédents. »

Un échec programmé ?

Malgré ces mises en garde et l’urgence de la situation, les négociations préparatoires au Sommet se sont enlisées. Les États membres ne sont parvenus à un accord que sur 20% du texte qui leur a été soumis, et encore sur des phrases tellement générales et consensuelles que cela ressemble davantage à un catalogue de vœux pieux qu’à un véritable plan d’action. Les dissensions restent effectivement fortes entre pays développés et pays pauvres, notamment en ce qui concerne la notion d’ »économie verte » et la création d’une véritable organisation mondiale de l’environnement en lieu et place des multiples organismes internationaux chargés de cette question.

Avant même d’avoir débuté, « Rio+20? apparaît déjà comme un échec programmé. La faute en particulier à la crise économique mondiale, qui a relégué au second plan les préoccupations écologiques des principaux dirigeants internationaux. Plusieurs d’entre eux brilleront d’ailleurs par leur absence durant ce Sommet, parmi lesquels le président américain Barack Obama, le Premier ministre britannique David Cameron et la chancelière allemande Angela Merkel. « Les gouvernements se débattent dans leurs crises, les yeux rivés sur l’immédiat, alors que Rio+20 les invite à dessiner sereinement un avenir pour le monde« , souligne Brice Lalonde, un des deux coordinateurs exécutifs de la conférence. « Difficile de faire les deux, mais c’est en principe le rôle des chefs d’État. »

Un contre-sommet

C’est sans doute parce qu’il ne faut pas attendre grand-chose de Rio+20 qu’un contre-sommet, baptisé « Cupalas dos Povos » (« Sommet des Peuples »), se tient dans la capitale brésilienne du 15 au 23 juin. Un contre-sommet auquel le Conseil œcuménique des Églises (COE) et l’Église catholique sud-américaine ont décidé de participer activement. Ainsi, de nombreuses tables rondes y seront organisées par la Conférence des évêques du Brésil, avec des thèmes chers à l’Église: « Environnement et justice sociale », « Engagement de la religion dans la défense du vivant » ou encore « Mystique et défense de la Création ».
Le contre-sommet accueillera également quelques figures continentales de la défense de l’environnement, comme Mgr Pedro Barreto, évêque de Huancayo au Pérou, et Mgr Ramazzini, évêque de San Marcos au Guatemala. Tous deux sont très impliqués dans les conflits qui opposent  les grandes compagnies minières aux populations locales. La Commission pastorale de la terre (CPT) brésilienne entend, elle aussi, se servir de ce contre-sommet comme caisse de résonnance internationale pour évoquer les menaces de mort qui pèsent sur plus de 170 militants pour la défense de l’environnement.

Le pape plaide pour un développement harmonieux

Benoît XVI ne s’est pas encore exprimé au sujet de Rio+20, mais le 3 juin dernier, à Milan, il s’est attaqué à « la prédominance d’une conception utilitariste du travail, de la production et du marché« . « Le projet de Dieu et l’expérience elle-même« , a-t-il déclaré, « montrent que ce n’est pas la logique unilatérale du bénéfice personnel et du profit maximal qui peut contribuer à un développement harmonieux, au bien de la famille et à l’édification d’une société plus juste, car cette logique comporte une concurrence exacerbée, de fortes inégalités, la dégradation de l’environnement, la course aux biens de consommation, la gêne dans les familles. »

En France, un groupe de travail composé d’évêques, de théologiens et d’experts a récemment présenté un rapport sur les enjeux et les défis en matière d’environnement et d’écologie. Ils y proposent une lecture chrétienne de la crise écologique, présentent des propositions pour agir en cohérence avec cette réflexion, et ouvrent à la dimension spirituelle de toutes ces questions. « Préserver la création« , écrivent-ils, « c’est vivre de manière concrète la solidarité avec les plus fragiles proches de nous ou lointains, mais aussi avec les générations à venir. » Un aspect que les responsables politiques ont souvent tendance à oublier.

 

http://info.catho.be

Publié : 18/06/2012

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