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40 religieuses venues d’ailleurs à la session Welcome

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12/03/2015

sisters 1FORMATION - A Orsay (Essonne), du 16 au 20 février 2015, le Service national de la Mission Universelle de l’Eglise (SNMUE), conjointement avec la Conférence des Religieux et Religieuses de France (CORREF), a organisé une session pour les religieux et religieuses qui viennent en France, appelés par les évêques pour y exercer une mission pastorale. L’objectif est de leur faire mieux connaître la France et l’Eglise en France.

La session commence par une présentation mutuelle des participantes. Les 40 religieuses (et quelques religieux) sont originaires surtout d’Afrique sub-saharienne, mais aussi de Colombie, d’Haïti, du Vietnam, de l’Inde, du Liban, d’Espagne et d’Irak.

Vient très vite un partage des premières impressions : « Nos églises sont pleines. On y trouve des jeunes. On y chante… et ici en France, on trouve surtout des personnes âgées. C’est froid, c’est triste… ». Passé ce temps « obligatoire » d’échange des premières découvertes et surprises, on progresse dans l’appréhension du nouveau pays et dans l’analyse : « Je commence à y voir plus clair, mais c’est encore tout brouillé… »

« Finalement, il y a des choses excellentes en France : des laïcs qui font de l’accompagnement de personnes, de l’aumônerie dans les hôpitaux, en équipe. Ces catholiques sont formés, convaincus… ils donnent visage à une Eglise qui n’est pas seulement sacramentelle, mais à une Eglise confessante… »

« Nous venons en mission en France, mais il ne faudrait pas que notre présence désapproprie les communautés et les chrétiens de leurs responsabilités. Il ne faudrait pas faire le catéchisme à nous toutes seules, alors que cela est fait actuellement par des parents… Il nous faut apprendre à valoriser les laïcs… ». « Cette session est un cadeau : nous apprenons ce qu’est l’histoire de France ».
La session permet de se familiariser avec le statut des religions dans la France laïque, avec les relations entre l’Eglise et l’Etat, et plus subtil, celles entre l’Eglise et la société. « Il y a beaucoup de retenue de l’expression religieuse dans l’espace public en France. Alors que moi… je vais à la superette, en payant à la caisse, je dis à la jeune caissière : « Bonne journée, que Dieu vous bénisse ! » Elle me regarde avec une drôle de tête… ma consœur (française) me chuchote à l’oreille qu’on ne dit pas cela en France ! Ah bon… ». Cela fait rire une bonne partie de l’assistance. Et une autre religieuse ajoute : « Je crois que si tu continues de dire cela avec ton accent actuel, cela ira… mais si tu perds ton accent ? » Il va falloir apprendre à s’adapter à la France, à s’inculturer disent certaines !

Des congrégations internationales
Parmi ces religieuses, nombreuses sont celles qui appartiennent à des congrégations internationales, ou bien nées en France. Ces congrégations ont essaimé dans d’autres pays, et aujourd’hui, des religieuses de ces pays viennent en France pour y accomplir un temps de mission. En quelque sorte, ces congrégations avaient déjà une expérience de vie internationale, car elles sont internationales depuis longtemps. Ce qui ne signifie pas que la vie des communautés, avec des religieuses de plusieurs pays et souvent de plusieurs générations, soit facile ou sans tension.

D’autres congrégations sont nées hors France (du Vietnam à l’Amérique latine et à l’Afrique), et aujourd’hui, certaines d’entre elles implantent en France une nouvelle communauté. On comprendra que l’adaptation à la France, la connaissance de la situation française est bien plus difficile pour celles-ci que pour la première catégorie de religieuses.

Pour ces congrégations « étrangères » qui viennent s’établir en France, un accueil et un accompagnement renforcé de leurs premiers pas et de leurs premières années en France est sans doute indispensable pour faciliter l’apprentissage de la langue d’abord, de la culture ensuite, de l’Eglise catholique en France enfin.

Dans leur évaluation, ces religieuses étrangères disent à la quasi-unanimité être très satisfaites de cette session d’initiation à la France. Beaucoup la souhaiteraient plus longue et souhaiteraient aussi aborder certains points plus précis : baptême des enfants de parents qui ne mettent pas les pieds à l’église, les jeunes qui apparaissent à beaucoup comme un continent inconnu, la pastorale des jeunes, etc.
La session nationale paraît constituer un minimum indispensable. Mais devrait être complétée, disent-elles, par une sorte de formation diocésaine ou locale : mieux connaître le diocèse dans lequel l’insertion se fait actuellement.

Ces religieuses venues d’ailleurs constituent aujourd’hui le visage de la missionnaire de ce début de XXIe siècle. Ailleurs : c’est-à-dire une culture différente, souvent une langue différente, une Eglise différente, avec ses coutumes, sa liturgie, sa pastorale, ses initiatives… et ses limites.

La question reste cependant posée : Ces religieuses sont-elles vraiment missionnaires dans la France actuelle ? Que font les communautés catholiques en France pour que ces religieuses puissent le devenir ?

Père Antoine Sondag
Directeur du Service de la Mission Universelle de l’Eglise (SNMUE)

Source: eglise.catholique.fr, 02/03/2015

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