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La compassion dans la lutte contre le VIH

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TOGO - Les Églises du Togo ont engagé une lutte décisive contre le VIH et le sida.  Les minorités sexuelles, qui sont extrêmement vulnérables à la pandémie, ont absolument besoin d'un accompagnement pastoral qui encourage l'accès aux services de prévention du VIH pour sauver leurs vies.

Il est essentiel d'inclure les minorités sexuelles dans un débat sur l'homosexualité, afin d'atteindre l'objectif de «zéro nouvelle infection à VIH» fixé par l'ONUSIDA.

Charles Ahiakou, 23 ans, qui se désigne comme  un homme qui a des relations sexuelles avec des hommes, a expliqué ce point de vue dans une récente interview.

Membre actif de son Église à Lomé, Charles Ahiakou a animé plusieurs réunions pour tenter de sensibiliser les gens au VIH, à l'homosexualité et à l'homophobie, afin de promouvoir de meilleures conditions de santé pour les minorités sexuelles et d'éliminer la stigmatisation et la discrimination sociales.

Ces réunions se sont tenues avec l'appui de l'Initiative œcuménique de lutte contre le VIH et le sida en Afrique (EHAIA), un projet du Conseil œcuménique des Églises (COE).

Charles Ahiakou a déclaré au sujet du projet: «Les rencontres organisées sous l'égide de l'EHAIA nous ont fourni des compétences pour offrir un accompagnement pastoral aux personnes infectées à VIH. Elles nous donnent de l'espoir et la possibilité de rencontrer des gens, de réfléchir et de parler de nos problèmes liés au sexe et à la sexualité, au VIH et aux difficultés de notre vie quotidienne au Togo.»

Au Togo, où les relations sexuelles avec des personnes du même sexe sont illégales, l'homosexualité est taboue, souligne Charles Ahiakou.

«Dans l'imaginaire populaire, l'homosexualité est inexistante. À cause de ce genre de perceptions sociales, les hommes qui ont des rapports avec des hommes ont du mal à vivre ouvertement leur orientation sexuelle. C'est pourquoi ils finissent par se priver de l'accès à la prévention du VIH, aux traitements et à l'accompagnement pastoral», a-t-il ajouté.

Charles Ahiakou a expliqué qu'au Togo, les hommes qui ont des rapports avec les hommes sont contraints de vivre cachés et se replient dans des réseaux fermés, restreints et quasiment non accessibles. La majorité des Togolais qui acceptent l'existence de l'homosexualité continuent de croire qu'il s'agit d'une pratique perverse qui n'est pas digne d'une société conservatrice et garante des valeurs traditionnelles.

Cette dénégation culturelle empêche tout débat ouvert sur les réalités du VIH et du sida. Dans cette situation, le VIH demeure une menace pour des communautés entières. La première étude de séroprévalence parmi les hommes ayant des rapports avec des hommes au Togo, réalisée en 2011, révèle un taux de prévalence du VIH de 20,3%.

«C'est la raison pour laquelle les pasteurs doivent encourager à l'église la fin de la discrimination et prôner la tolérance, si l'on veut agir efficacement contre le sida», a affirmé Charles Ahiakou.

Mettre fin à la discrimination, encourager la tolérance

Lors des réunions que Charles Ahiakou a organisées à Lomé, il a recouru à l'étude biblique contextuelle pour encourager l'arrêt des discriminations que suscitent le VIH et l'homosexualité et pour prôner la tolérance.

Les églises sont un pivot, a-t-il ajouté, où les gens vivant avec le VIH sont écoutés, accompagnés et dirigés vers des centres médicaux, quelle que soit leur orientation sexuelle.

«Ne disons-nous pas que Dieu est un dieu de pardon et que celui parmi nous qui aime le plus son prochain recevra en héritage le royaume de Dieu?», s'interroge Charles Ahiakou. Selon ce principe, il est essentiel que les responsables d'Église assument leur responsabilité de sauver des vies humaines, a-t-il déclaré.

Il aspire à ce que l'on applique les valeurs chrétiennes face au VIH. Ces valeurs, a-t-il expliqué, peuvent inspirer la compassion et des efforts pour améliorer les conditions de santé des minorités sexuelles.

Évoquant son travail avec le bureau régional de l'EHAIA pour l'Afrique de l'Ouest, Charles Ahiakou s’est félicité du «climat de confiance» qui règne entre le réseau œcuménique, les hommes ayant des rapports avec des hommes et les organisations non gouvernementales.

«Nous avons parlé de la vulnérabilité des minorités sexuelles, de la prévention du VIH, de l'homophobie dans la culture africaine et les communautés religieuses et de la question de la discrimination», a-t-il déclaré.

Ces initiatives ont permis aux hommes qui ont des rapports avec des hommes de comprendre et de maîtriser leur sexualité alors que sévit une stigmatisation sociale forte à l'égard de l'homosexualité et du VIH, a affirmé Charles Ahiakou.

Il a conclu en disant espérer que, grâce à des initiatives de ce genre, les hommes qui ont des rapports avec des hommes, comme lui, pourront un jour bénéficier de soins de santé et ne seront pas contraints de mourir en silence à cause du VIH et du sida.

 

http://www.oikoumene.org/

Publié: 25/09/2013

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