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La Béatification de M. Victoria Valverde González

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ESPAGNE - Le samedi 13 octobre prochain, la Famille Calasanctienne comptera une nouvelle Bienheureuse : la M. Victoria Valverde González, fille de la Divine Bergère – Calasanctienne. Le Maître intérieur l’a guidée à travers l’expérience de la faiblesse, et lui a permis de faire preuve d’un immense courage, pour aimer et servir les étudiantes et les membres de sa communauté religieuse. La dernière ligne droite de son parcours a été marquée par le martyre enduré durant la Guerre Civile espagnole (1936-1939).

Francisca Inés María de la Antigua Valverde González est née le 20 avril 1888 à Vicálvaro (Madrid), de parents pauvres qui pourvoyaient aux besoins de leur famille en travaillant comme journaliers, raison pour laquelle durant son enfance elle dut passer quelques années à l’orphelinat d’Alcalá de Henares (Madrid), dirigé par les Filles de la Charité. C’est là qu’elle eut l’occasion de connaître les Pères Piaristes de la communauté d’Alcalá qui accompagnaient sur le plan spirituel certaines enfants de l’orphelinat, dont Francisca. La solide formation religieuse dont elle a pu bénéficier durant cette période a aidé la jeune Francisca à mûrir son souhait de se consacrer totalement à Dieu et à découvrir sa vocation calasanctienne.

Sa formation religieuse prend fin par la célébration de ses vœux solennels le 17 septembre 1916 à Monforte de Lemos. Un an et demi plus tard elle est transférée à la fondation flambant neuve de Martos (province de Jaén), où elle est nommée Supérieure de la communauté en 1922. Elle exercera ces fonctions jusqu’à sa mort : d’abord à Martos, puis à Sanlucar de Barrameda, finalement à nouveau à Martos. A l’école elle enseignait la broderie, l’artisanat et le dessin. Ceux qui l’ont connue de près s’en souviennent comme d’une personne simple, affectueuse, proche, équilibrée et attentive, capable de transmettre les valeurs fondamentales de la vie chrétienne et en même temps de répondre aux besoins de ceux qui l’entouraient. Elle a pris conscience de sa propre faiblesse physique lorsque pour des raisons de santé elle s’est vue forcée de renoncer au contact direct avec les élèves. Elle était considérée comme timide, peut-être en raison de sa petite taille et de son apparence physique fragile, peut-être parce qu’elle ne cherchait pas à masquer la peur qu’elle ressentait face à la violence humaine.

Ceci rend d’autant plus surprenant le courage démontré face à l’ennemi en armes, lorsque le 18 juillet, premier jour de la guerre, ils sont entrés dans le collège de Martos, en hurlant afin d’interrompre la célébration de la Messe. En s’interposant, le M. Victoria a réussi à empêcher la profanation de l’Eucharistie. Les jours suivants le collège a été envahi à plusieurs reprises, et les religieuses durent chercher refuge chez des voisins amis. La M. Victoria lut la dernière à partir avec deux autres religieuses. Elle n’a jamais écouté ceux qui lui conseillaient de quitter la ville, affirmant qu’elle ne partirait pas tant qu’il y aurait une seule calasanctienne à Martos. Elle était souvent appelée à comparaître devant les autorités républicaines pour servir de garantie aux autres religieuses, qui devaient en réalité vivre comme si elles étaient en prison, accusées d’être croyantes et dévotes.

En voyant comment évoluaient les choses elle a pris parfaitement conscience
du danger qui la menaçait et commença à se préparer au martyre, en priant Dieu pour que les sœurs membres de sa communauté fussent épargnées. En fait toutes purent être sauvées, sauf elle-même. Elle fut arrêtée le 11 janvier avec deux autres religieuses appartenant à d’autres communautés, et transférée dans un village distant 14km de Martos. Près du cimetière de Casillas de Martos, après avoir dû assister à l’exécution de 50 personnes, les trois religieuses furent torturées et assassinées à coups de feu dans la nuit du 12 au 13 janvier 1937.

Leurs corps ont été déposés dans une fosse commune, et malgré l’exhumation effectuée en 1939, les restes mortels de la M. Victoria n’ont pu être identifiés, et se trouvent, avec ceux d’autres victimes de l’époque, dans la crypte du Sanctuaire de Notre Dame de la Villa de Martos. Le procès relatif au martyre s’est déroulé à Jaén entre 1996 et 1967. L’étape suivante a été instruite par la Congrégation vaticane pour les Causes des Saints, et a abouti à l’autorisation octroyée par le Pape Benoît XVI, le 28 juin 2012, de publier le décret sur le martyre de la Servante de Dieu. Les postulateurs généraux de l’Ordre ont participé aux travaux menés par la Curie romaine.

La M. Victoria González Valverde sera proclamée Bienheureuse à Tarragona, en même temps que 522 martyrs, hommes et femmes, prêtres, laïcs et religieux. Ils sont connus comme les martyrs du XXème siècle en Espagne, puisque leur témoignage rejoint celui de nombreux autres chrétiens qui ont œuvré dans différentes parties du monde au cours du siècle précédent. Ce sont des témoignages de foi, de pardon et de réconciliation.

 

Plus de détails disponibles sur la page de la béatification : http://www.beatificacion2013.com


P. Mateusz Pindelski SP

http://www.perespiaristes.org/

Publié: 18/09/2013

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