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Être missionnaires au temps du Pape François

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VIE CONSACRÉE - Quatre mois seulement sont passés depuis que pape François a été élu Evêque du diocèse de Rome et pasteur de toute l’Eglise. Pour ceux qui, comme nous, se trouvent à vivre à Rome, il n’est pas difficile de constater que pendant cette période, même si elle est courte, on respire un air nouveau et on voit l’éveil des grands désirs dans le cœur de très nombreux chrétiens qui veulent vivre la richesse de l’Evangile.

Sans aucun doute, le pape François, avec sa manière d’être, de parler, d’approcher les personnes, de rappeler l’attention sur certaines situations et sur des problématiques urgentes de notre monde, est en train de toucher les cœurs et de secouer d’une certaine manière le style de vie et d’action des chrétiens de notre temps, en les invitant à donner la raison de leur foi dans le Seigneur.

Par ses paroles et par ses gestes, pape François est en train de dessiner le portrait du chrétien dont notre temps a besoin; et il n’a pas perdu les occasions pour nous rappeler que nous ne pouvons pas continuer en disant que nous croyons au Christ, tout en conformant notre vie aux modèles que le monde nous présente, avec sa logique et ses intérêts.

Beaucoup de fois nous l’avons entendu proclamer avec force des paroles telles que cohérence, radicalité, confiance, tendresse, amour, courage, option pour les pauvres...; un vocabulaire qui devrait être très familier pour nous les missionnaires, non seulement comme langage mais surtout en tant qu’expérience vécue chaque jour.

Pape François a répété de plusieurs manières et avec des tons différents qu’il veut une Eglise missionnaire, une Eglise au service des plus abandonnés, éloignée des jeux du pouvoir, du carriérisme. Il veut une Eglise où l’exercice de la miséricorde et de la compassion, de la bonté et de l’amour sont les piliers de fondation de la maison où tous les êtres humains peuvent trouver un espace de vie véritable, de réalisation, de communion et de fraternité authentique.

Il veut une Eglise pauvre, capable de montrer que l’unique richesse est le Seigneur, sa Parole, la vie dont elle est la servante et la protectrice, la vie de Dieu qui chaque jour nous est offerte dans la célébration de l’Eucharistie, des sacrements, dans le don des frères et des sœurs qui deviennent pour nous des sacrements de la présence de Dieu au milieu de nous.

Pape François est en train de nous rappeler que dans l’Eglise, aujourd’hui, nous devons être attentifs à ne pas tomber dans le piège du protagonisme, de l’autoréférence, de croire que tout dépend de nous-mêmes et que tout est seulement une question de faire le choix de la stratégie la meilleure. Il nous a dit avec clarté que l’unique protagoniste est le Seigneur, qui continue à marcher avec nous, qui ne nous abandonne pas et qui n’oublie pas notre besoin. Dans ce cas aussi, le saint Père nous rappelle que c’est l’Esprit Saint qui est l’acteur principal dans l’histoire de la mission de l’Eglise.

En nous rappelant cela, il nous a dit avec autant de force que nous les chrétiens nous devons marcher la tête haute, sans des triomphalismes, mais sûrs et confiants, car nous sommes dans de bonnes mains. Nous n’avons pas le droit de présenter une image défigurée du Seigneur, avec nos tristesses, nos incertitudes ou nos visions pessimistes concernant le futur. Aujourd’hui plus que jamais le chrétien est appelé à donner un témoignage de courage, de joie et de confiance, parce qu’il est conscient que son Seigneur est à l’œuvre, aujourd’hui comme toujours.

Le message missionnaire et le témoignage des missionnaires ne peuvent être autre chose qu’une proposition joyeuse, un message d’enthousiasme et une parole de courage.

Tout cela est en train de réveiller une espérance nouvelle, qui se traduit en joie et dans l’envie de participer à la proposition faite par le pape François de vivre notre être chrétien dans le quotidien et dans les petits détails de notre vie, dans les gestes simples qui nous permettent de reconnaître que nous avons tous besoin des autres et que nous ne pouvons pas continuer à investir nos énergies dans la construction d’une société où chacun est convaincu de devoir penser à soi-même, toujours et seulement à soi-même.

L’enthousiasme suscité par le Pape, manifesté par le grand nombre de personnes qui veulent le rencontrer, le voir et l’écouter, parle du désir caché dans le cœur de tous nos contemporains et montre que ce n’est pas vrai que l’humanité de notre temps a perdu l’intérêt pour Dieu. Aujourd’hui plus que jamais nous sommes en train de nous apercevoir combien est profonde, chez toutes les personnes, la question de Dieu, de la foi, de l’Evangile. Cela aussi nous dit combien est urgente la mission et comment tous les chrétiens sont appelés à assumer leur responsabilité dans l’annonce de l’Evangile, come une exigence première de leur baptême.

Il a été nécessaire qu’arrive le pape François, qui parle avec simplicité, qui s’intéresse au drame des personnes de notre temps et va à leur rencontre, pour nous rappeler que l’Evangile n’est pas une théorie, n’est pas une doctrine et ne peut d’aucune façon être réduit à une idéologie.

L’Evangile est une personne avec laquelle nous sommes invités à établir une relation forte et étroite, comme condition pour l’authenticité de notre vie, et cette personne ne peut être que le Seigneur Jésus.

La question que certainement nous nous posons tous est de savoir si nous sommes en mesure de saisir le défi et d’accepter de vivre notre être chrétiens aujourd’hui en reconnaissant qu’il ne s’agit pas seulement d’affirmer notre appartenance à un groupe, à une communauté ou à une Eglise. Serons-nous capables de vivre notre foi en Jésus Christ en l’annonçant par notre vie à tous ceux qui le cherchent aujourd’hui? Je ne crois pas qu’il y ait une manière meilleure de vivre notre vocation missionnaire et qu’il y ait une autre voie pour nous reconnaître comme d’authentiques chrétiens de notre temps.

Cette atmosphère qu’on respire à Rome, et qui semble commence aussi à se propager au-delà des frontières, portera certainement des fruits extraordinaires et elle sera une grande bénédiction, si elle réussira à se transformer dans une occasion nouvelle pour que nous devenions conscients de la richesse de vie que nous portons en nous-mêmes, de la vie de Dieu qui habite dans ceux qui sont disposés à ouvrir les portes de leur cœur. C’est notre meilleur souhait.

 

Juillet 2013
P. Enrique Sánchez G., mccj
Supérieur Général


http://www.comboni.org/

Publié: 08/08/2013

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