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“Macadam Café”

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FRANCE - Connaissez-vous ce terme ? Moi, non ! jusqu’à mon arrivée sur notre paroisse du Sacré Cœur, confiée à la Communauté de l’Emmanuel, à Bordeaux. Dans cette paroisse il y a différents services: «Macadam Café» fait partie du Service Compassion qui comporte aussi Eucharistie et visites dans deux Maisons de retraite du quartier, visites aux personnes malades, âgées, en détresse, alphabétisation etc…

Arrivée à Bordeaux fin septembre 2011, avec le temps je découvre ce service, je demande en quoi il consiste, je fais connaissance avec les organisateurs qui me reçoivent simplement avec joie. Le groupe est composé d’adultes et d’étudiants qui se libèrent le samedi matin.
Et nous voici donc chaque samedi, de 9h30 à 12h, arpentant les rues, ruelles, boulevards, alentours de la gare, les quais de la Garonne…par groupes de 2 ou 3, selon cinq itinéraires fixés d’avance. Nous proposons aux personnes rencontrées, sans domicile fixe pour la plupart, café chaud ou boissons fraîches, viennoiseries très appréciées, ou quelques vêtements chauds quand le froid sévit.

Parmi ces personnes, beaucoup de femmes des Pays de l’Est (bulgares en particulier sur Bordeaux) surveillées de loin discrètement mais sûrement par des gens de leur pays. Angelica, Place Nansouty, nous montre le seau sur lequel elle s’assoie et qui renferme ses trésors, le produit de sa quête.

Un autre jour, un vendredi de Carême, sortant à midi du Chemin de Croix des Dominicains, je rencontre rue Ste Catherine un gars assis par terre avec barda et chien superbe (son trésor, me dira-t-il). Je l’aborde…pas du côté du chien, timidement. Il sort une barquette reçue et déjà commencée. Je lui dis: «Je suis en train de manger, moi aussi, vous voulez quelque chose ?». A la vue de mon fromage, il s’esclaffe: «Ah ce fromage, je l’adore !». Le fromage change de main et la conversation s’engage tandis que nous mangeons.

Un samedi, je marchais avec François, un bénévole comme moi, nous n’avions rencontré aucun des habitués. En fin de matinée, titubant d’un côté à l’autre du trottoir sur les Quais, voici Antoine, nous saurons son nom plus tard. Nous l’abordons: «Besoin d’aide, Monsieur ?»

Nous découvrons alors son visage rongé par un cancer de la face. Je lui parle, il me regarde: « Mon visage ne vous fait pas peur ? » L’odeur d’alcool est forte, je pense à St François d’Assise, qu’il m’inspire !

Je m’en tire avec des compliments sur ses yeux et son langage… «Ah ! c’est aussi ce que me dit mon infirmière mais qui êtes-vous ?».
Il faisait froid, le café chaud le réchauffait, nous passons un bon moment avec lui, apprenons qu’il sortait d’une boite de nuit sur le Quai où alcool et drogue étaient son lot…
Difficile de dire tout ce que l’on peut ressentir au contact de ces personnes. Impossible de les regarder comme de simples passants. Il ne s’agit pas d’être «ceux qui donnent» mais d’être avec eux, apportant d’abord un peu de chaleur humaine, d’établir avant tout une relation humaine de respect, pour moi profondément «christique». Facile ? non, pas toujours car il s’agit parfois d’abord de dominer des réactions de recul devant la misère.

De retour à la paroisse, les équipes se retrouvent pour un compte rendu de leur matinée et prennent le temps de partager un peu. Pour moi et certains, l’Eucharistie qui suit, à 12h à la paroisse, prend tout son sens.

Ces matinées de samedi sont ce que le Seigneur m’a préparé pour cette étape bordelaise de ma vie: il en a été et il en sera de même pour chaque étape: je lui fais pleinement confiance.


Martina Clara Azpilicueta, fmm

http://www.fmm.org/

Publié: 19/08/2013

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