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Communiquer avec les plus vulnérables

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Témoignage d'un assomptionniste œuvrant dans le camp des refugiés.

CONGO - L’esprit de notre vénérable fondateur, le Père Emmanuel d’Alzon, nous pousse à faire nôtres les grandes causes de Dieu et de l’homme, à nous porter là où Dieu est menacé dans l’homme et l’homme menacé comme image de Dieu (RV, 4b)

Arrivé à Goma pour le projet de communication radiophonique, je me retrouve aujourd’hui dans le secteur de communication formelle de bouche à oreille avec les déplacés de guerre vivant dans les camps de déplacés internes sur l’axe Goma-Sake. L’option préférentielle pour les couches les plus pauvres de la société, notamment les personnes déplacées plus vulnérables : les personnes du troisième âge, celles vivant avec handicap, les veufs et veuves, les enfants non accompagnés et chefs de ménages ont aussi besoin de quelqu’un avec qui ‘communiquer’ pour les guérir de l’isolement dont elles sont victimes. Voilà mon nouveau projet de ‘communiquer autrement’ : une conversation confidentielle dans des huttes en bâches ou en herbes sauvages. Ces huttes pour déplacés sont communément appelées « blindés ». La vie qu’on y mène n’est pas à désirer ! Nul n’a besoin de rappeler pourquoi ces personnes fuient leurs maisons et abandonnent leurs champs. Elles essaient de s’abriter contre la boucherie humaine qui a élu domicile dans leur milieu de vie.


La compassion pour l’humanité en marge était le cheval de bataille du Père Pedro Arrupe, alors Supérieur Général de la compagnie de Jésus. Il initia le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) ayant pour mission d’accompagner, servir et défendre les droits de réfugiés et d’autres personnes déplacées de force.

Cette noble mission repose sur une foi en Dieu présent dans l’histoire humaine même dans ses moments les plus tragiques.
En tant qu’organisation catholique et œuvre de la Compagnie de Jésus, le JRS puise son inspiration dans la compassion et l’amour de Jésus pour les pauvres et les exclus. Pour réaliser sa mission, le JRS travaille en étroite collaboration avec l’Eglise locale et avec les autres familles religieuses qui partagent sa vision salvifique de la personne déplacée. A Goma, le JRS travaille avec un religieux assomptionniste pour l’extension du Royaume de Dieu jusque dans les camps de déplacés internes…


Le point fort du service auprès des déplacés se focalise sur ces valeurs humaines : la compassion. Celle-ci nous incite à soulager la souffrance et à traiter toutes les personnes avec la même équité et le même respect que ceux avec lesquels nous désirons être traités. L’espoir : il fournit au refugié un soutien à la fois spirituel et concret durant la période difficile de déplacement. La solidarité appelle à servir humblement et respectueusement des personnes déplacées de différentes cultures, religions, nationalités et couches sociales. L’hospitalité nous inspire l’accompagnement et l’accueil des plus vulnérables, avec une priorité pour les plus grands besoins dont les autres (les humanitaires) ne s’occupent pas. La justice nous engage à œuvrer avec les réfugiés pour défier des systèmes qui nient les droits humains.

Plusieurs personnes de bonne volonté collaborent discrètement à cet apostolat. Elles donnent de contributions, chacun selon ses moyens et ses sensibilités. Que ceux qui hésitent encore mettent aussi la main à la pâte pour aider un tant soit peu nos frères et sœurs qui souffrent dans des camps de déplacés, exposés à toutes les intempéries. Il ne fait pas chaud sur la croix, dit-on !… Ces personnes déplacées ne savent plus que conjuguer un seul verbe : « J’ai faim. Voici bientôt trois mois que je ne bois que de l’eau. Personne pour m’aider… » Et les larmes coulent des yeux pour avouer son impuissance !

De quoi ont-ils besoin ? De la nourriture, des habits, des bâches, un peu d’argent pour s’acheter huile et sel, savon et bidons, bassins plastics et couvertures.


Notons que ce sont surtout les déplacés qui vivent dans des sites dits « spontanés » qui portent le poids du jour et de la nuit. Ils ne sont assistés par personne. Ils ne connaissent personne et personne ne les connaît… Ils sont abandonnés à leur triste sort. Ce sont surtout les personnes du troisième âge, celles vivant avec handicap, les enfants orphelins et les veuves ayant à leur charge plusieurs enfants.

Nous aménagerons notre « trottinette » pour leur faire parvenir fidèlement votre contribution qui permettra à ces « oubliés » de la planète de survivre du jour au lendemain.

Multiplions également les plaidoyers auprès des seigneurs de guerre pour que cesse la guerre et que la paix durable revienne sans délai dans cette partie de l’humanité étranglée par des guerres interminables avec des conséquences très néfastes.


François Nzanzu, Assomptionniste
Goma-DRC

http://www.assumptio.org

Publié : 05/07/2013

 

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