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Sr M. Antonieta Bruscato au Synode

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CITÉ DU VATICAN - Sr M. Antonieta Bruscato, supérieure générale des Filles de Saint Paul,  a participé au Synode sur La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. Nous publions une interview.

Sr M. Antonieta, c’est un grand privilège de participer à un Synode si important pour la vie de  l’Eglise, mais aussi pour la mission des Filles de Saint Paul…
Oui, je suis en effet profondément reconnaissante au  Seigneur  et reconnaissante envers Sa Sainteté Benoît XVI pour l’invitation à participer à l’assemblée synodale et pour m’avoir donné  la  possibilité de faire  une brève intervention en qualité d’auditrice.
Ce Synode se situe au cœur de la mission des Pauliniennes, qui se dédient depuis toujours à  la  nouvelle évangélisation  avec tous les moyens  et les  formes de communication.

Pouvez-vous nous synthétiser ce que vous avez dit hier au Synode et aussi exprimer ce que vous n’avez pas pu dire en assemblée pour la brévité du temps à votre disposition?
Dans mon intervention je me suis référée de manière particulière aux numéros 59-62 de l’Instrumentum laboris, que je trouve significativement répondants  au défi posé aujourd’hui à l’Eglise par la culture médiatique et digitale, «“lieu” de la vie publique et de l’expérience sociale» (IL 59) et espace d’une évangélisation vraiment nouvelle, où pouvoir  diffuser à large rayon  la  belle nouvelle  de l’Evangile et faire à tous  «la charité de la vérité», comme aimait répéter le bienheureux Jacques Alberione, notre fondateur.

Certes, l’Eglise fait de grand pas  dans le champ de la communication comme “lieu” d’évangélisation…
Je loue et bénis Dieu pour la croissante sensibilité ecclésiale vers la communication reconnue comme nouvelle civilisation (Ecclesia in Africa 71), premier  aréopage du temps moderne (Redemptoris missio 37),  véritable culture: c'est-à-dire  une manière d’exister, d’être au monde, un milieu de vie, un contexte existentiel.
Il en était bien conscient  Paul VI, qui dans l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi ainsi il affirmait: «L’Eglise se sentirait coupable face à son Seigneur si elle n’utilisait pas ces puissants  moyens, que  l’intelligence humaine rend chaque jour plus perfectionnés; se servant d’eux l’Eglise “prêche sur les toits”» (n. 45).
Les  interventions éclairées des derniers  Papes, surtout en occasion de la  Journée mondiale  des communications sociales, ont poussé et soutenu  les Eglises  locales et d’autres  organisations ecclésiales à  utiliser avec  professionnalisme les  divers instruments de communication et,  aujourd’hui plus que jamais, les new media pour l’annonce du message du salut.

Les nouvelles technologies sont donc une opportunité pour “raconter” Dieu?
Oui,  d’abord parce que elles sont  un  extraordinaire “pont” d’interaction entre les personnes. Comme l’a sagement exprimé le Saint Père en 2009, dans le message pour la 43ème Journée mondiale des communications sociales,  «le désir de connexion  et l’instinct de communication, qui sont si naturels dans la culture contemporaine, ne sont en vérité que des  manifestations modernes de la fondamentale et constante propension des êtres humains à aller outre soi-même pour entrer en rapport avec les autres».
La communication en réseau résume le visage de l’âge contemporain. Elle comporte implication,  interdépendance,  synergies et créativité, et elle suscite des  formes absolument inédites de communication “conviviale”, liée à une aspiration profonde de l’âme, nostalgie inguérissable de chaque vivant vers l’Autre, vers le besoin de rompre ensemble le pain.
Communication est relation, donc, et le processus fondamental qui le règle est un processus de “relations”.
Quand en skype je vois apparaître, dans  l’angle gauche  de l’écran, le numéro des personnes connectées,  je reste toujours profondément frappée de la possibilité que chacun de nous a d’ entrer en communication avec 10, 20, 40 millions de personnes...
Et que dire du nombre considérable  de sites  web existants? Tous aujourd’hui – entreprises,  universités, institutions diverses, écoles  et  universités,  diocèses, paroisses, personnes individuelles– ont leur site, construisent leurs  blogs, interagissent dans les social network...  En internet  il y a des bibliothèques avec des millions de livres, informations sur n’importe quel argument, une forêt inextricable de contenus.

Mais dans cette “forêt” on peut aussi s’égarer…
C’est vrai. Peuvent perdre  l’orientation ceux qui y sont nés (les ainsi dit  natifs digitales) mais aussi la génération des migrants digitales, dans lesquels nous sommes nous aussi. Le n. 62 de l’Instrumentum laboris indique quelques risques de la culture digitale qui toutefois  n’offusquent pas le potentialités positives de la  nouvelle communication, en degré d’offrir «des plus grande possibilités de connaissance, d’échange, de formes nouvelles de solidarité, de capacité de promouvoir une culture toujours plus à dimension mondiale, rendant les valeurs et les meilleurs développements de la pensée et de l’activité humaine patrimoine de tous».

Les interrogations, certes, ne manquent pas.
Oui, et elles interpellent avec plus grande force ceux que, dans l’Eglise, ont l’audace de «fréquenter ce “nouveaux aréopages”»: comment être, dans les réalités où nous sommes et travaillons, communicatrices efficaces du mystère de Dieu qui est communion, témoins de l’amour de Dieu qui est espérance? Comment valoriser les opportunités offertes par les new media en clé de communication évangélique «pour rendre  audible  même dans ces lieux d’aujourd’hui le patrimoine éducatif et de sagesse gardé par la tradition chrétienne» (IL 62)?

La communication est, donc, domaine privilégié de la nouvelle évangélisation.
Je dirai qu’il  continue à l’être… Dans le lointain 1926, le bienheureux Jacques Alberione  écrivait: «Le monde  a besoin d’une nouvelle, longue et profonde évangélisation… Il faut des moyens proportionnés, et des âmes allumées de foi».
Don Alberione était préoccupé parce que les églises se vidaient, parce que– comme il disait – «… les quatre pieuses femmes qui font  la  communion chaque matin, les quatre jeunes qui se rassemblent  autour du curé chaque soir, ne sont pas tout le village, ne sont pas tout le peuple: beaucoup d’autres brebis sont dehors du bercail Et ne viennent pas au Pasteur parce que il ne le connaissent pas, parce que peut-être ils le combattent et ils le combattent parce que ils ne le connaissent pas. Les âmes il faut les sauver toutes …».
A ce grand défi le bienheureux Alberione  a répondu avec l’utilisation attentive et professionnellement qualifiée  des instruments et des  technologies de communication, dans le désir de «porter tout le Christ à l’homme  et donner tout l’homme à Dieu par  le  Christ Jésus», sur  l’exemple  de l’apôtre Paul qui s’est fait
«tout à tous» (1Co 9,22).
Et c’est celui-ci le grand défi auquel nous devons répondre nous aussi aujourd’hui.

http://www.paoline.org

Publié : Octobre 2012

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