English Français Italiano Espanol
Left cap
Right cap
Content top cap

Foyer Maïn

Envoyer Imprimer PDF

BOLIVIE - Le travail des mineurs, le taux élevé de la criminalité, la pauvreté et la violence sont des réalités quotidiennes. Parfois être un enfant en Bolivie est une entreprise difficile. Les enfants commencent à travailler très tôt, à cinq ou six ans et si certains travaillent après l'école, d'autres ne vont pas à l'école du tout. Les enfants et les filles représentent la population la plus à risque : maltraitées et exploitées depuis leur plus tendre enfance, pour elles les possibilités de sortir de cette réalité de prévarication sont bien faibles. Sr. Inès Morales est la Directrice de la « Casa Maïn », un foyer pour les filles en danger à Santa Cruz, Bolivie. Elle dirige la Maison depuis six ans et elle nous a parlé de son travail »

 

Combien de sœurs font partie de la communauté ?

«Nous sommes 9 sœurs, parmi lesquelles trois sont assistantes à temps plein, alors que les autres sont engagées, en plus de leur travail éducatif, dans d'autres activités. Avec nous il y a aussi les éducatrices qui sont d'une grande aide pour suivre les enfants avec leur travail didactique. Sans leur précieuse contribution nous n'y arriverions pas ».

Combien d'enfants pouvez-vous recevoir?

« Nous en avons 118 entre les enfants, les adolescentes et les jeunes qui ont de 4 à 18 ans. Certaines ont dépassé la majorité ».

Comment arrivent- elles au Foyer?


« Elles viennent parce qu'elles nous sont confiées par le tribunal des mineurs. Chaque cas de fillettes ou d'enfants en danger qui passe par le tribunal, nous est confié. »

Quelles histoires ont-elles sur les épaules?

“Des histoires de violences avant tout. Nos enfants ont derrière elles tout un passé de violences qui commencent dès leur naissance. Certaines sont orphelines, d'autres vivent avec un seul parent, d'autres sont abandonnées : on les appelle les enfants de la rue. Beaucoup se trouvent mêlées à des histoires criminelles, elles sont abusées sexuellement, exploitées pour le travail ou marginalisées parce qu'elles sont malades ».

Accueillez-vous aussi des jeunes particulièrement perturbées?

« Oui, même si nous ne voudrions pas nous charger aussi des enfants qui souffrent de perturbations mentales, parce qu'elles ont besoin d'attentions particulières et de personnes spécialisées qui puissent les suivre de manière adéquate. Il y aussi des enfants avec des retards mentaux qui souffrent d'épilepsie ou de mongolisme. ; mais le tribunal nous les confie parce qu'il n'existe pas de structure adéquate pour les accueillir et prendre soin d'elles.

Comment travaillez-vous avec elles?

« Nous cherchons à leur donner toute l'affection qu'elles n'ont pas eue avant. Nous les acceptons comme elles sont : pleines de rage et de douleurs. Souvent elles manifestent des attitudes agressives et déchargent sur nous leurs frustrations, mais nous savons que derrière ces comportements se cache une demande d'amour et de compréhension. Nous recréons un climat de famille à l'intérieur de la maison pour faire en sorte que petit à petit, elles reprennent confiance en elles-mêmes dans le but de guérir leurs blessures. ».

Y a t-il des anciennes élèves qui une fois sorties du Foyer Maïn ont réussi à s'insérer dans la société?

“Il y a celles qui réussissent à terminer leurs études et trouvent un travail honnête. Il y a celles qui fondent une famille et qui savent qu'elles ne devront pas commettre envers leurs enfants les erreurs qu'on leur a fait subir. Ces jeunes sont très reconnaissantes au Foyer Maïn et reviennent souvent nous voir, même si le temps a passé et que les éducatrices de leur époque n'y sont plus. Elles sentent que le Foyer Maïn est leur maison.

Mais hélas il y a aussi celles qui s'échappent, retournent à la rue parce que la vie est plus facile et qu'elles peuvent faire ce qu'elles veulent. Il y a les jeunes filles qui ne réussissent pas à intérioriser la proposition éducative. Ces dernières parfois reviennent, parfois nous les trouvons dans la rue ou encore elles sont filles mères ».

Quelles sont les joies et les souffrances les plus grandes que vous avez vécues avec elles?

“La joie et la douleur sont des sentiments qui s'alternent pendant le parcours de partage avec la situation de nos filles. Nous faisons tout ce qui est humainement possible pour les comprendre et les accepter comme elles sont et les aimer vraiment. Quand nous pensons qu'en elles il y a les blessures du Christ, nous expérimentons la joie de guérir des blessures avec la patience. Nous sommes heureuses quand nous voyons que peu à peu leur comportement change et qu'elles commencent à sourire .Nous les encourageons à vivre heureuses parce que dans le Foyer Maïn elles ont trouvé la Vierge Auxiliatrice qui les guidera, les guérira, aura soin d'elles et les défendra de tous les dangers ».

Qu'avez-vous appris pendant votre direction du Foyer Maïn?

« Avec l'affection que je manifestais par de petits gestes dans la journée, il me semble presque de leur demander pardon pour les souffrances qu'elles ont subies sans les mériter depuis leur enfance. Mon service veut être celui de Jésus qui s'est incliné et a lavé les pieds de ses apôtres ».

 

www.cgfmanet.org

Publié : 16/02/2012

AddThis Social Bookmark Button
 
NEWSLETTER
Inscrivez-vous à notre "Newsletter" et vous recevrez régulièrement les principales nouvelles
captcha
Content bottom cap