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Vie monastique et engagement écologique

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FRANCE - Organisées à Saint-Etienne, les 11, 12,13 novembre 2011, les Assises Chrétiennes de l'Ecologie ont prévu un atelier "Vie monastique et engagement écologique". Sœur Dominique et Frère Guillaume, ses animateurs, expliquent comment, en communauté, leur vocation tournée vers le ciel et ancrée dans la terre rejoint concrètement la cause écologique.

Les Dominicaines de la Clarté Notre-Dame, en Drôme provençale, sont « dans le département le plus bio de France ». Pour autant, leur action se limitait jusqu'à peu « à une modération dans les besoins, le souci de la qualité des produits, l'apport de la nature pour prier ». Jusqu'à la fermeture d'un atelier de reliure et la résiliation d'un contrat de fermage. Sœur Dominique raconte cette « conversion » : « Nous cherchions un travail or le Seigneur nous avait donné des terres : sept hectares avec des bâtiments. Pierre Rabhi, un prophète en agro-écologie, nous a alertées sur nos ressources en thym et romarin.

Les Sœurs orthodoxes de Solan, pionnières dans ce domaine, nous ont conseillées. La chambre d'agriculture nous a supérieurement aidées. Aujourd'hui nous commençons à récolter et nous avons déposé une marque : Clarté Provence ». Mais il s'agit bien davantage que de cultiver des fleurs sèches pour des tisanes et des huiles essentielles à la place de vieilles vignes. Pendant un an, la communauté a réfléchi et s'est formée sur la théologie de la Création. Cette année, elle a organisé une journée œcuménique de prière pour la Création.

Elle accueille un groupe diocésain "Oeko-logia"et réfléchit avec ses membres sur les rapports de la foi et des questions posées par l'écologie, équipe ses bâtiments d'un chauffage à bois, relance un potager, très soutenue par Mgr Jean-Christophe Lagleize, évêque de Valence, « éveillé » à cette préoccupation résumée par Sœur Dominique : « Si on ne respecte pas la terre, c'est parce qu'on ne respecte pas l'homme et donc qu'on ne respecte pas Dieu, la logique étant la même dans l'autre sens ».

Les Bénédictins de La Pierre-qui-Vire furent des novateurs, dans le Morvan, à la fin des années 60, avec leur ferme biologique et leur centrale hydroélectrique (photo). S'ils en sont « heureux », les choix furent guidés à l'époque « par des raisons économiques ». Leur élevage intensif était alors dans le rouge et leur imprimerie nécessitait du courant alors même qu'ils étaient éloignés du réseau EDF. Grâce à « des personnalités » (un moine en lien avec l'INRA, un autre ingénieur), des subventions, et en tenant compte des ressources du site (une chute d'eau de 31 m, un bon débit de rivière), ils ont su s'adapter.

Aujourd'hui, la vente de leur électricité procure des revenus et le remplacement à l'hôtellerie de la chaufferie à fuel par une chaudière à plaquettes forestières génère des économies tout en faisant travailler la filière bois locale. La ferme, gérée par des jeunes agriculteurs laïcs, démarre une activité de récupération du gaz de lisier pour produire de l'électricité et chauffer les bâtiments et procurer de l'eau chaude sanitaire pour la fromagerie.

Quant aux eaux usées, elles sont filtrées par lagunage. Autant de réalisations qui ne doivent pas occulter que les moines, « par la sobriété, le respect du temps, la louange à la Création » se situent en matière d'écologie « dans l'être plutôt que dans le faire ». C'est bien « enraciné dans la règle de St Benoît et dans l'Evangile » que Frère Guillaume se sent rejoindre des démarches profanes. Quant à sa communauté, avec un père abbé « sensible » à ce sujet, elle aimerait lancer une formation permanente.

 

www.eglise.catholique.fr

Publié : 15/11/2011

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