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Singapour est un singulier laboratoire interreligieux

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21/07/2017

Benediction-representantsDIALOGUE INTERRELIGIEUX - « Les prédications religieuses qui incitent à la violence ou opposent une religion à une autre ne seront pas tolérées à Singapour », a lancé le ministre de l’intérieur, K. Shanmugan, en février dernier lorsqu’un imam a tenu des propos diffamatoires sur les juifs et les chrétiens. L’imam venu d’Inde a été condamné à payer une forte amende et a été ramené à la frontière.

De la même façon en 2009, un couple de chrétiens avait été condamné à huit semaines de prison pour avoir distribué des tracts critiquant l’islam. « Le gouvernement est très strict lorsque les musulmans sont attaqués (…) et il en est de même pour toute attaque contre les autres religions. »

Le Père Bruno Saint Girons des Missions étrangères de Paris (MEP), à Singapour depuis des années, ne s’étonne pas de l’attitude très claire du gouvernement de Singapour à l’égard des religions et du respect mutuel que chacun doit montrer.

Près de dix croyances différentes

« Ici on ne plaisante pas avec les religions qui toutes ont leur place sur un petit territoire et où se côtoient tant d’origines ethniques et près de dix croyances différentes (1). De la même façon les propos racistes sont condamnés par la justice. »

Membre de la commission diocésaine pour le dialogue interreligieux et l’œcuménisme, il participe activement à des cercles interreligieux, des rencontres, des échanges, « très souvent à l’initiative des musulmans d’ailleurs, c’est très précieux et je peux dire que se vit ici un véritable laboratoire interreligieux unique en son genre». Pour lui cette démarche dépasse « la simple tolérance », il s’agit de faire coexister de multiples différences avec « sincérité ».

Dans un contexte singapourien singulier, 5,6 millions d’habitants sur un petit territoire de la taille de Paris et de la petite couronne, « l’harmonie sociale et l’unité du pays » a toujours été le mot d’ordre du régime depuis l’indépendance en 1965.

Des échanges interreligieux bien réels

Pour André Ahchak, porte-parole de l’archevêché de Singapour, « le gouvernement encourage et soutient le dialogue entre toutes les religions afin que chacun sente sa responsabilité et le rôle qu’il a à jouer afin de maintenir une bonne entente, source de paix et de compréhension mutuelle ».

Le philosophe écrivain musulman Imran Mohamed, 40 ans, un modèle d’engagement interreligieux à Singapour, ne dit pas autre chose : « Ici à Singapour ce dialogue et ces échanges entre bouddhistes, hindous ou chrétiens ne sont pas une chimère, ce ne sont pas que des mots faits pour nous rassurer, il se vit dans la réalité. »

À une époque où la menace terroriste islamique se fait sentir de plus en plus en Asie du Sud-Est, il prend son rôle de pédagogue et de « passeur de savoir » très au sérieux. Il y va de l’harmonie religieuse à Singapour.

Dorian Malovic, à Singapour

(1) Sur 5,6 millions d’habitants, il y a 74 % de Chinois, 13 % de Malais, 9 % d’Indiens, et il y a 33 % de bouddhistes, 19 % de chrétiens (7 % de catholiques et 12 % de protestants ), 18 % sans religion, 14 % de musulmans, 10 % de taoïstes et 5 % d’hindous.

Source: la-croix.comce

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