English Français Italiano Espanol
Left cap
Right cap
Content top cap

La situation au Soudan du sud : de bric et de broc

Envoyer Imprimer PDF

01/04/2015

south sudanSUD-SOUDAN - La paix fragile continue à tenir et les pourparlers de paix vont bientôt reprendre ; mais nous ne semblons pas plus près d’une solution permanente et d’un plan clair pour aller de l’avant au Soudan du Sud. Un rapport récent de l’Institut pour la Recherche fournit les statistiques suivantes. Je présume que « sécurité » recouvre le militaire. L’application de la loi attire aussi beaucoup de fonds mais ses résultats ne sont pas évidents. Quel contraste frappant avec les sommes dépensées pour l’éducation, la santé et les infrastructures ! Qu’est-ce que cela révèle des priorités ?

Mais je pense que les statistiques les plus déprimantes parlent des filles privées si rapidement de leur enfance et de leur adolescence.

Dans un article récemment publié on lit :

Au Soudan du Sud 7,3 % des filles sont mariées avant d’atteindre 15 ans et 42,2 % entre 15 et 18 ans. Ceci se traduit par un grand nombre de filles qui abandonnent l’école primaire avant la fin du cycle de 8 ans ; tandis que sur les près de 37 % des filles qui sont inscrites au primaire il n’y a seulement que 7 % qui le terminent et seulement 2 % qui passent au secondaire.

Ces chiffres sont assez mauvais mais le rapport souligne également la situation catastrophique des mères.

Il n’est certainement pas facile d’être une jeune femme ou une mère dans beaucoup d’endroits du Soudan du Sud. Et tristement, les garçons et les jeunes hommes n’ont pas un sort bien meilleur, beaucoup d’entre eux étant enrôlés de force dans l’armée. Il y a tant d’injustice que cela ne serait pas toléré dans la plupart des pays. Cependant les jeunes avec lesquels nous travaillons nous donnent espoir. Ils ont encore l’optimisme naturel de la jeunesse. De plus, il y a beaucoup de gens merveilleux dans ce pays qui essayent d’apporter des changements pour le meilleur : 30 de congrégations religieuses ayant leurs œuvres propres et beaucoup plus de congrégations s’unissant pour former Solidarité avec le Soudan du Sud. Il y a aussi beaucoup d’O.N.G. et d’agences de l’ONU qui offrent un soutien massif.

Ce qui est frustrant est de savoir que nous appliquons principalement du sparadrap et de la bande Velpeau alors qu’il y a un malaise sous-jacent bien plus grand qui nous laisse impuissants. Le pays réclame un meilleur leadership interne. Nous, «kawadjas », nous ne pouvons pas le résoudre de l’extérieur, mais nous pouvons aider. Cela prendra du temps mais nous devons préparer la prochaine génération de leaders en améliorant l’éducation donnée dans les écoles, la préparation de professionnels de la santé qualifiés, le développement d’initiatives de guérison des traumatismes et de réconciliation et fournir une formation à de meilleures techniques agricoles. C’est en train de se produire. J’espère et je prie pour que les généreux donateurs de ce monde, qui financent ce soutien essentiel, ne perdront pas patience.

Les Évêques du Soudan du Sud se sont exprimés :

Cette guerre est un mal. En tant que peuple nous ne devons pas avoir peur de donner un nom au péché comme tel, et nous disons donc que cette guerre est un péché… Comment la nation pourra-t-elle progresser si l’argent est dépensé pour des armes de destruction et non pas pour des routes, des écoles, des hôpitaux et des activités de développement ? Comment établirons-nous une démocratie civile si la nation reste si militarisée ?… Dans cette guerre il s’agit de pouvoir, non du bien du peuple. Les aspirations des individus et des factions ont conduit à un cycle de vengeance meurtrière… La nation a besoin d’être sauvée de ce péché.

Je ne pense pas qu’on puisse exprimer la vérité plus clairement.

du Frère Bill Firman, FSC

Source: LaSalle.org, 24/03/2015

AddThis Social Bookmark Button
 
NEWSLETTER
Inscrivez-vous à notre "Newsletter" et vous recevrez régulièrement les principales nouvelles
captcha
Content bottom cap