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Afrique: "Enseignements tirés des réactions de l'Eglise catholique au SIDA"

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18/03/2015

sidaSANTÉ - “Enseignements tirés des réactions de l'Eglise catholique au VIH et au SIDA en Afrique”: c’est le titre d’une étude menée par les évêques allemands dont un exemplaire en français est disponible en ligne (107 pages en format pdf).

Il s’agit d’une “étude de terrain internationale réalisée par des théologiens et des experts de santé africains et allemands” menée par un “Groupe de travail scientifique de la Conférence épiscopale allemande sur les affaires internationales de l‘Eglise”, sous la responsabilité de Klaus Fleischer, en collaboration avec d’autres auteurs.

“Depuis les années initiales de la pandémie de VIH, expliquent les auteurs, les institutions catholiques d'Afrique subsaharienne ont réagi en fournissant des informations, des traitements, des soins et de l'assistance aux personnes infectées et affectées. Entre 2010 et 2013, trois équipes interdisciplinaires ont réalisé des recherches sur le terrain pour documenter et analyser les réactions de l'Eglise catholique à la pandémie de SIDA dans trois pays africains : l'Ethiopie, le Malawi et la Zambie. Elles ont étudié en particulier comment des programmes lancés et gérés par l'Eglise catholique avaient aidé des gens à vivre avec le virus VIH (PLWH), leurs familles et les groupes à tous les niveaux de la société dans ces trois pays.”

La logique des Béatitudes

L’étude invite à « examiner deux réalités » dans « la réponse de l'Eglise catholique d'Afrique aux défis du VIH et du SIDA » :

« La première : beaucoup de gens placés sous des pressions économiques, sociales, culturelles ou politiques sont forcés d'adopter des comportements à risques qu'ils ne peuvent pas éviter. »

« La seconde : beaucoup d'assistants sociaux et pastoraux, de religieux et le clergé lui-même vivent avec le VIH. Toutefois, il ne leur a pas encore été permis de vivre ouvertement avec le VIH au service de l'Eglise. »

Les auteurs concluent : « La réaction de l'Eglise au VIH et au SIDA a fait partie de l'exhortation apostolique post-synodale Africae Munus publiée en novembre 2011. Le présent document s'est principalement penché sur la fourniture de services de soins, en particulier de soins promouvant la santé : « Selon la logique des Béatitudes, une attention préférentielle doit être portée au pauvre, à l’affamé, au malade – par exemple du SIDA, de la tuberculose ou du paludisme –, à l’étranger, à l’humilié, au prisonnier, au migrant méprisé, au réfugié ou au déplacé, etc. (cf. Mathieu 25, 31-46). La réponse empreinte de justice et de charité aux besoins de ces gens dépend de chacun. »

Les femmes pauvres

Ils font aussi observer la détresse particulière des femmes : « Les populations pauvres – et les femmes pauvres en particulier – souffrent des conséquences directes et indirectes de la pandémie de VIH. Le VIH et le SIDA devraient être reconnus comme un indicateur d'injustice structurelle à l'intérieur du cadre de coopération de l'Eglise Universelle. L'Eglise catholique d'Allemagne doit donc assurer que la pandémie de VIH ne continue pas d'être une maladie de la pauvreté. Les organisations d'aide liées à l'Eglise ont besoin d'utiliser leur expérience en matière d'approches holistiques de la santé et du développement. »

Ils constatent l’importance de la présence catholique pour lutter contre la pandémie : « Dans plusieurs pays africains, l'Eglise demeure un fournisseur essentiel de services de santé aux plus pauvres parmi les pauvres. Les établissements de santé de l'Eglise constituent un réseau d'une valeur inestimable, un réseau de soins de santé holistiques qui s'étend même jusque dans des contrées reculées. Si l'Eglise catholique d'Allemagne retirait le soutien qu'elle fournit en matière de soins de santé liés au VIH, en parti- culier en Afrique subsaharienne, les conséquences seraient désastreuses. La mission de Jésus, qui est de « Proclamer le royaume de Dieu et faire des guérisons » (Luc 9,2) a toujours été et demeure aujourd'hui encore la thématique centrale de la mission chrétienne. »

Ils soulignent « l'engagement profond et la compétence professionnelle des établissements de santé liés à l'Eglise ».

En même tempos ils constatent que « concernant les questions de la sexualité, l'Eglise catholique est souvent considérée comme une institution moralisatrice et didactique ».

C’est pourquoi ils concluent avec ces paroles du pape François : « Une belle homélie, une vraie homélie doit commencer avec la première annonce, avec l’annonce du salut. Il n'y a rien de plus solide, de plus profond et sûr que cette annonce. Ensuite il faut faire une catéchèse, en tirer une conséquence morale. Mais l'annonce de l'amour salvifique de Dieu est premier par rapport à l’obligation morale et religieuse. Aujourd’hui, il semble parfois que prévaut l’ordre inverse. »

Source: Zenit, 10/03/2015

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