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Une paroisse de banlieue périphérie interviewe le Pape

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12/03/2015

interviewRÉFLEXIONS - La revue d’un bidonville argentin interviewe le Pape, et celui-ci répond. Il s’agit de Villa La Cárcova, dans le département de León Suárez, une agglomération qui est née il y a cinquante ans autour de la dernière gare de chemin de fer qui conduisait dans la grande Buenos Aires. En janvier dernier, au terme d’une procession religieuse suivie par une fête populaire, a été lancée la proposition d'interviewer le Pape pour «La Cárcova News», une revue rédigée par les jeunes de la “villa”. Les questions recueillies parmi les gens ont été apportées par José María Di Paola, mieux connu comme le père Pepe, directement au Pape, qui l’a reçu le 7 février dernier à Sainte-Marthe. François a répondu immédiatement et «il ne resta plus au père Pepe — explique Alver Metalli sur son site www.terredamerica.com — qu’à allumer un petit magnétophone et l'interview était faite».

José María Di Paola

Vous parlez beaucoup de périphérie. Nous vous avons entendu utiliser cette parole de nombreuses fois. A quoi et à qui pensez-vous quand vous parlez de périphérie? A nous, les populations des “villas”?

Quand je parle de périphérie, je parle de frontières. Normalement nous nous déplaçons dans des espaces que d’une manière ou d’une autre nous contrôlons. C’est le centre.

Dans la mesure où nous sortons du centre et que nous nous éloignons de celui-ci nous découvrons plusieurs choses, et quand nous regardons vers le centre à partir de ces nouvelles choses que nous avons découvertes, des nouveaux lieux, de ces périphéries, nous voyons que la réalité est différente. C’est une chose que d’observer la réalité du centre, une autre de la regarder du dernier endroit où tu es arrivé. Un exemple: l’Europe vue de Madrid au XVIe siècle était une chose, mais quand Magellan arrive à la fin du continent américain, il regarde l’Europe du nouveau point de vue atteint et il comprend une autre chose. On voit mieux la réalité de la périphérie que du centre. Y compris la réalité d’une personne, la périphérie existentielle, ou la réalité de sa pensée; tu peux avoir une pensée très structurée mais quand tu te confrontes avec quelqu’un qui ne pense pas comme toi, d’une certaine manière tu dois chercher des raisons pour étayer ta pensée; le débat commence, et la périphérie de l’autre t’enrichit.

Source: L'Osservatore Romano, 10/03/2015

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