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Passer d’une vie très active à une vie plus contemplative

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30/09/2014

session aine1bTÉMOIGNAGE - Pendant 11 ans, j’ai dirigé à Rome les sessions de formation continue pour le troisième âge. Après le chapitre de 1992, le P. Marcel Neels avait élaboré des sessions de formation permanente fondées sur les étapes de la vie : milieu de la vie, transition au troisième âge (à partir de 60 ans), troisième âge (à partir de 70 ans).

Jusqu’en 1999, le P. Hubert Huybrechts et sœur Marguerite Gemme, Sœur Blanche, ont animé à Rome les deux sessions pour le troisième âge. J’ai alors repris cette tâche jusqu’en 2010, toujours aidé par des Sœurs Blanches.

Sessions fondées sur trois piliers
Les sessions étaient fondées sur trois piliers : la Parole de Dieu, l’histoire de ma vie et le partage. Chaque jour commençait par une célébration de la Parole dans la ligne du thème du jour.

Les thèmes invitaient à une relecture de ma vie, en passant de mon présent à mon passé pour aboutir à mon avenir. Ainsi on commençait par les thèmes : l’art de bien vieillir et mon désir le plus profond en cette étape de ma vie. Ensuite on revisitait progressivement notre enfance (racines), notre jeunesse (printemps) et notre âge adulte et actif (été). Toute cette histoire, avec ses lumières et ses ombres, on essayait de la placer humblement devant le Seigneur qui est “plus grand que notre cœur” (intégration). Pour finir, on revenait à l’automne de notre vie en considérant trois défis : comment continuer notre mission dans le monde actuel tellement changé, comment nous préparer sereinement à notre ultime passage et comment rester fidèles jusqu’au bout ?

Après l’introduction du thème, il y avait un temps de réflexion et de prière personnelles, suivi par un partage en petits groupes de 3 ou 4. En réalité, ces partages en petits groupes étaient le cœur de la session car c’est là que se faisait sentir, de façon quasi sacramentelle, la promesse de Jésus : “Là où vous serez réunis en mon nom, je serai au milieu de vous.”

J’ai toujours été émerveillé par la spontanéité et l’ouverture avec lesquelles les participants entraient dans la dynamique de cette relecture de leur vie sous le regard de Dieu et en dialogue avec leurs frères.

Durant mon mandat, beaucoup de bons souvenirs
De ces années très riches je garde surtout le souvenir de trois choses. D’abord, le dynamisme et la jeunesse de cœur de ces missionnaires âgés ou vieillissants. Les résidents de la Maison généralice où se tenaient les sessions, étaient toujours frappés par le vent d’enthousiasme qu’apportaient ces “bons petits vieux”. Ensuite, le contact intime avec des centaines de confrères m’a laissé une image ou un “profil” du Père Blanc. Si nous ne nous distinguons pas par une spiritualité spécifique comme les grands ordres, nous n’en avons pas moins un incontestable “air de famille”. Et cet air se caractérise par trois traits : un zèle apostolique très grand et jusqu’au bout, une simplicité de vie loin de tout carriérisme, et un grand esprit de fraternité.

Enfin, j’ai admiré le désir de garder les liens avec l’Afrique et avec notre Société, et de rester fidèle à notre engagement missionnaire. La session culminait d’ailleurs dans le renouvellement du serment missionnaire en présence de tous les confrères de la Maison généralice.

Les fruits de cette session, que les participants mentionnaient le plus souvent dans leur évaluation, sont: un regard réconcilié sur leur passé, une grande paix et un nouvel élan, le désir de passer d’une vie très active à une vie plus contemplative, confiance et abandon.

Quand on m’a proposé d’animer les sessions à Rome, je n’ai pas hésité à accepter, car c’était tout à fait dans la ligne de mon ministère de retraites et d’accompagnement spirituel déjà en Afrique et ensuite à Jérusalem comme directeur des Sessions-Retraites.

Impact de l’expérience de la session des aînés dans nos communautés
La question la plus importante est de savoir quel a été l’impact de cette expérience dans nos communautés, en Europe comme en Afrique. Chose qui est difficile à évaluer, mais le succès grandissant de ces sessions et le nombre croissant des participants montre qu’ils ont partagé leur expérience avec d’autres. Les supérieurs aussi, à tous les niveaux, ont beaucoup contribué à ce succès en encourageant les confrères à y participer, sans pour autant les y contraindre. Je leur en reste reconnaissant.

Pas vraiment de difficultés
Des difficultés, je n’en ai pas vraiment connu. Au contraire, j’ai toujours été très bien accepté et confirmé par les confrères qui me disaient que j’avais trouvé le ton juste. La seule tentation que j’ai eue à combattre est celle de vouloir diriger et enseigner au lieu de susciter les énergies intérieures présentes en chaque personne. Aussi, au fil des années, mes “conférences” sont devenues de plus en plus brèves et condensées et mon rôle, celui de créer un climat de liberté et de confiance. Et cela relève de l’art plutôt que de la science.

Pour terminer, je dois encore mentionner l’importance du cadre de ces sessions ; la présence à Rome, centre de l’Église, renforçait le lien avec l’Église, le séjour à la Maison généralice renforçait le lien avec notre Société, et le pèlerinage à Assise était une des expériences les plus appréciées de la session.

Mon successeur
Vers la fin de mon mandat, j’étais prêt à le prolonger, mais j’avais le souci que mon successeur puisse connaître le style et le contenu des sessions, pour ne pas être contraint de commencer à zéro. Alors j’ai été comblé quand Bernard Ugeux, un très grand et ancien ami, a accepté de reprendre le flambeau, et est venu suivre deux sessions en simple participant. Alors j’ai pu dire comme Siméon : “Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur aller en paix.”

En ce moment, je suis responsable de notre communauté d’Anvers où 18 confrères âgés se reposent.
C’est une communauté admirable où il y a beaucoup d’entraide et d’amitié, et aussi d’humour, ce qui qui est une recette idéale pour la jeunesse du cœur. Avec mes frères j’essaye de vivre la devise de la session : “Ne pas essayer d’ajouter des jours à notre vie, mais de la vie à nos jours.”

Herman Bastijns M.Afr

Source: Missionnaire d'Afrique, 07/2014

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