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Palestine - A Bethléem, à l’écoute des familles

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12/06/2014

fmm1TÉMOIGNAGE - S. Maria Grech, FMM, d’origine maltaise, anime un centre de conseil conjugal pour les familles de Bethléem, convaincue que la paix en Terre sainte passe par la résolution des conflits intimes.

 
À une trentaine de mètres der la Grotte du lait où la Vierge se serait refugiée avant de fuir en Egypte, S. Maria accueille en toute discrétion les femmes qui sonnent au portillon du couvent des Franciscaines Missionnaires de Marie. S. Maria a organisé ses rendez-vous de telle sorte que celles qui seraient de même parenté ne puissent se croiser. Pas question de faire fonctionner le «téléphone arabe». Pas question non plus de laisser quiconque l’accompagner dans son bureau pour l’un de ces entretiens. En bonne Méditerranéenne, S. Maria est aussi ferme que chaleureuse. «C’est déjà si difficile pour ces femmes d’oser aborder leurs problèmes conjugaux… Le sujet est tabou dans la culture palestinienne. Mais elles savent qu’une fois la porte fermée, tout ce qu’elles me confieront demeurera dans la plus grande confidentialité.» explique-t-elle.
 
Depuis dix ans, S. Maria assure un service pour le moins atypique pour une religieuse - qui plus est en Palestine -, celui de conseillère conjugale. Convaincue que la paix et la réconciliation en Terre sainte passent aussi par la résolution des conflits intimes.
«C’était la seconde Intifada, raconte-t-elle. Les familles rencontraient de graves difficultés économiques. Et lorsque le mari ne travaille pas, cela génère des tensions dans le couple. Beaucoup de femmes venaient me demander de l’aide car elles voulaient se séparer de leur époux.»
                        
Installée en Terre sainte depuis trente-trois ans, passionnée par l’enseignement qu’elle exerçait en Galilée puis dans une école technique de Bethléem, Sœur Maria s’est formée au conseil conjugal aux États-Unis, pendant un an, avant d’animer le Centre franciscain de la famille à Bethléem.
 
Elle propose un programme de treize semaines, fondé sur la Bible, mais ouvert à tous, chrétiens comme musulmans. «La deuxième séance, je leur propose d’inviter leur mari. Bien souvent, les musulmanes ne reviennent pas, car dans leur culture, il n’est pas question de mettre l’époux en cause de quelque manière que ce soit…»
Au cours des entretiens, S. Maria aborde tous les sujets, y compris la sexualité. «Quand la femme s’adresse à moi, je l’interromps: "Ne le dis pas à moi, dis-le à ton mari." Les couples souffrent d’un manque de dialogue.» À la 8e ou 9e séance, les enfants sont conviés. S. Maria a également mis en place un programme de préparation au mariage, afin «que les jeunes apprennent à partager leurs difficultés au lieu de céder à la tentation de courir chez maman…».
 
Ce matin-là, ses visiteurs sont des Autrichiens, une vingtaine de pèlerins et donateurs, à qui elle présente ses projets. Depuis plusieurs années, S. Maria a eu l’idée astucieuse d’œuvrer à la paix des ménages en résolvant le problème du désœuvrement des hommes. «En visitant un jeune couple au bord de la séparation, j’ai découvert qu’ils étaient contraints de vivre dans la belle-famille, faute d’argent. Ce qui arrangeait bien le mari, car il était chez maman, mais pour la femme… je me suis dit: si je peux construire une petite cuisine à part, elle retrouvera son indépendance.» Sœur Maria a écrit à des amis américains pour solliciter de l’argent et a lancé une opération de rénovation des maisons, en embauchant les hommes comme électriciens, carreleurs, etc. «La première année, nous en avons aménagé neuf. L’an dernier, nous étions à 369, c’est-à-dire 369 familles qui témoignent que leur vie a changé», se réjouit S. Maria.
 
S. Maria mise aussi sur l’éducation, assurant la scolarité de 91 enfants et encourageant les filles à poursuivre leurs études. «Aujourd’hui, elles sont plus nombreuses que les garçons à l’université de Bethléem, c’est ma joie!» Une joie qu’elle ne semble jamais perdre, malgré ses problèmes de santé et malgré le conflit pesant, comme ne 2002 lorsqu’elle resta bloquée par l’armée israélienne avec ses sœurs 39 jours, durant le siège de la basilique de la Nativité. «Mon rôle est d’insuffler de l’espoir à ces hommes et ces femmes à qui on promet une paix qui ne vient jamais. Si moi je n’ai plus cette espérance, comment la leur transmettrai-je?»
 
Source: FMM (D’après l’article de Céline Hoyeau, apparu sur La Croix, 23 décembre 2013)
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