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Être un Pont, une Présence et une Etreinte - Etats-Unis

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06/05/2014

4fotoTÉMOIGNAGE - Je suis arrivée à El Paso, envoyée par le Seigneur pour être un Pont, une Présence et une Etreinte. J’étais envoyée pour partager avec ce peuple nouveau pour moi, la profonde expérience de l’amour de Dieu qui nous conduit à nous lever et à vivre dans la dignité.

Je voudrais partager avec vous un peu de mon expérience de l’autre côté de la frontière d’avec mon propre pays, à travers cette parole d’Isaïe: «Qu’ils sont beaux sur la montagne les pieds du messager qui apporte la Paix».
 
Je peux vous dire que lorsque je suis arrivée à El Paso je me suis sentie dans un monde nouveau, avec une langue nouvelle, de nouvelles sœurs, une nouvelle culture. Tout pour moi était ouvert comme un nouvel horizon, une nouvelle expérience qui me permettait de grandir.
J’ai commencé par faire une recherche, un discernement, afin de découvrir ce que Dieu voulait que je fasse, ici et maintenant. J’ai envisagé différents projets et je peux dire qu’à chaque expérience j’ai appris beaucoup de chaque personne, de son engagement, de sa gratuité et cela m’a enseigné l’amour de Dieu. Finalement j’ai pris devant Dieu la décision de faire mon propre pèlerinage, de suivre ma propre route au niveau humain et spirituel. Le DMRS (Service Diocésain des Migrants et Réfugiés) m’a invitée à partager la vie des enfants détenus par l’émigration officielle, sans aucun membre de leur famille pour les accompagner.
 
J’ai fait alors un pèlerinage qui a touché le plus profond de mon être, de ma maternité, de mon expérience de femme. Je me suis posée beaucoup de questions: Comment une femme peut-elle permettre que son enfant de cinq ans fasse seul un voyage si long et périlleux ? Pourquoi cette petite fille a-t-elle fuit sa famille ? Pourquoi ces enfants sont-ils traités comme des criminels ?
 
Pendant ces mois j’ai vu beaucoup de petits pieds descendre de la montagne… des pieds blessés par le chemin, des pieds pleins d’espérance, des pieds cherchant à retrouver des parents, des frères, des sœurs… des pieds prêts à ouvrir leur cœur. Ils ont vécu tant d’expériences durant leur courte vie…
 
«Qu’ils sont beaux sur la montagne les pieds du messager qui apporte la Paix»
J’ai rencontré une petite fille de 5 ans. Toute sa vie elle avait reçu l’amour et la tendresse de la part de ses grands-parents qu’elle appelait affectueusement papi et mami. Il y a peu de temps elle a reçu un appel de sa maman qui vivait au loin et qui voulait la connaître. Comment expliquer à cette petite fille à qui manquent les tortillas préparées par sa grand-mère qu’elle doit maintenant connaître sa vraie mère ? Comment supposer que cette enfant aime et rêve avec une nouvelle maman, une nouvelle famille et une nouvelle vie ?
 
«Qu’ils sont beaux sur la montagne les pieds du messager qui apporte la Paix»
J’ai regardé les pieds de la paix d’un jeune de 15 ans, un homme qui a dû travailler dès l’âge de 5 ans parce que ses parents sont alcooliques et l’ont maltraité, un enfant qui avait besoin de la présence et de l’affection de sa maman. Un homme qui essaye de traverser les frontières pour chercher une vie meilleure, pour pouvoir rêver, un homme qui est encore un enfant à mes yeux. Un homme qui n’a pas de famille et à décider de lutter pour sa vie, un enfant qui a besoin d’un foyer… Pourquoi Pedro as-tu été obligé de vivre tout cela et de demander maintenant un visa spécial jeune ?
 
J’ai vu les pieds de deux sœurs de 9 et 11 ans qui viennent pour retrouver leurs parents. J’ai été bouleversée quand, au milieu de la conversation, la plus petite a regardé la plus grande et avec le courage d’une mère qui lutte pour ses enfants elle a ouvert son cœur. Les larmes ont jailli non de ses yeux mais de son cœur. Et j’ai pleuré avec elles. L’histoire qu’elles m’ont racontée a profondément touché mon être de femme. Comment peuvent-elles continuer à vivre après avoir été violées par l’oncle qui s’occupait d’elles. Par crainte, elles n’ont rien dit, mais comment restaurer ces vies brisées ?
 
«Qu’ils sont beaux sur la montagne les pieds du messager qui apporte la Paix»
Il est beau de voir ces pieds qui sont le visage de Dieu, la présence de Dieu pour moi. Si je me sens appelée à être Pont, Présence et Etreinte, je crois que j’ai reçu de ces enfants détenus par l’émigration, ce Pont, cette Présence, cette Etreinte de Dieu qui nous aime.
Il est beau de découvrir la tendresse et la pureté de leur cœur, leur regard limpide plein de confiance et d’espérance.
 
Ces regards, ces visages, ces pieds, m’apprennent ce qu’est la véritable confiance et en même temps me motivent pour continuer à cheminer pour le Royaume. Ils m’engagent, non pas à être une voix, mais à accompagner leur cheminement, à lutter et à rendre possible
un monde sans frontières, un monde où il n’y a plus ni chinois, ni mexicains, ni polonais, ni allemands, ni américains, mais simplement
des fils et des filles de Dieu, parce que nous aurons découvert et expérimenté:
«Qu’ils sont beaux sur la montagne les pieds du messager qui apporte la Paix».
 
Maria de Lourdes Lopez Munguia, fmm
 
Source: FMM
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