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Une nouvelle méthode de travail - Dans le débat en préparation au synode

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21/02/2014

metodoRÉFLEXIONS - Jésus, lorsqu’il a adressé certaines de ses paroles les plus significatives à la Samaritaine, et l’a envoyée témoigner parmi les gens, ne semblait pas du tout impressionné par le fait qu’elle avait eu au moins cinq maris. Il a accueilli avec miséricorde sa soif de vérité, d’amour et l’a aidée à changer. C’est cet épisode qui vient immédiatement à l’esprit en lisant les premières synthèses des réponses au questionnaire en préparation au synode sur la famille.

Les questions ont touché le point central du problème, qui à son tour est le cœur de la confrontation entre l’Eglise et la société aujourd’hui, à savoir le fait que les catholiques veulent se sentir partie d’une institution prête à comprendre, accueillir, pardonner, plutôt qu’à juger, élever des barrières et marquer des frontières entre ce que l’on doit faire et ce qu’ensuite, chaque jour, nous vivons. Les questions morales existent – personne assurément ne le nie – mais la question urgente est de savoir comment ces dernières doivent être posées frontale ment aux personnes: qui présentent leurs souffrances, leurs désirs trahis par la réalité, leurs idées erronées et souvent, leur soif d’acceptation et de pardon.

Comme l’a bien spécifié à « La Croix » le théologien Serge-Thomas Bonino, le point crucial est de comprendre « si les réponses expriment ce que les catholiques vivent au fond d’eux ou plutôt reflètent l’influence de l’esprit du monde ». Ce travail de discernement sera sans doute le devoir de ceux qui, au Vatican, se consacrent déjà à l’examen des réponses qui arrivent du monde entier.

Bien sûr toutes les conférences épiscopales n’ont pas été aussi rapides et ouvertes à l’égard des fidèles, les questionnaires n’ont pas suscité dans tous les pays des discussions passionnées et la même ferveur, marquant vraiment le début d’une nouvelle méthode de travail. Mais là où cela est arrivé – comme il apparaît dans les réactions et articles publiés non seulement en France, mais aussi en Allemagne, aux Etats-Unis et en Suisse – s’est manifestée une remarquable vitalité. Et cela est la nouveauté la plus intéressante: à une opposition entre hiérarchie et fidèles, que l’on pouvait résoudre seulement par l’obéissance ou l’éloignement, s’est substituée une fervente volonté de mieux comprendre, de se faire une idée et de la confronter pacifiquement.

On le voit surtout en France, qui est aujourd’hui au centre de lourdes initiatives sur le plan législatif qui touchent au statut de la famille et de la filiation : la dure opposition entre les deux parties en conflit qui bien sûr ont immédiatement pris les tons d’une confrontation à teneur politique – qui n’est que partiellement atténuée par la présence d’une patrouille déterminée d’intellectuels laïcs contraires à ces innovations – laisse place à présent à la libre discussion. Au sein de l’Eglise également, comme en témoignent les plus récents articles sur « La Croix », on donne la parole à des avis différents et à une discussion calme. Par exemple, qui n’est pas d’accord avec l’engagement de la Manif pour tous ne se retrouve pas pointé du doigt comme un traitre, mais ses objections sont écoutées avec attention. Et plus elle sera libérée de l’hypothèque de la politique, plus la discussion se fera libre et intéressante, et attirera d’autres personnes, qui s’étaient mises de côté inquiètes du pli qu’était en train de prendre le débat.

Les catholiques ont recommencé à penser avec vivacité et passion, et cela permettra, à moyen et à long terme, de ne pas seulement affronter les problèmes au dernier moment, quand les changements culturels se transforment en loi, mais avant, déjà au moment où on peut prévoir de nouveaux développements. Cela est particulièrement important dans une situation historique comme la situation actuelle, où les changements sur le front de la structure familiale et de la procréation, poussés par les technosciences, sont très rapides.

Par exemple, toujours en France, on discute actuellement sur l’éducation au genre imposée dans les écoles, mais pour affronter le problème il faut savoir que dans les trente prochaines années – voire avant – il est prévu que devienne praticable l’utérus artificiel, ainsi que la possibilité d’engendrer seul un enfant en créant, avec ses propres cellules souches, un ovule et un spermatozoïde. Au lieu de courir derrière le progrès, il faut savoir le prévoir, pour affronter les nouvelles situations avec plus de sagesse et de sécurité.

Tout cela pousse l’Eglise à se présenter de manière positive. Ainsi, ceux qui sont vus comme des interdits, doivent être proposés comme la richesse d’une offre alternative. Qui existe déjà, mais que souvent aujourd’hui, sur les thèmes de la sexualité et de la famille justement, est oubliée ou mal transmise.

 

Source: L'Osservatore Romano, 04/02/2014

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