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Kinshasa: des enfants de rue exécutés

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CONGO - 28 novembre, 5h matin, un jeune adolescent en short, blessé par balles, gît sur la route, encadré de deux policiers. Notre chauffeur explique qu’on le laisse là pour l’exemple. Les habitants du quartier disent bien connaître cet enfant de rue, « sans histoire« .

Depuis le 15 novembre, sur ordre du Président Kabila et afin d’ »assainir la ville », la police a lancé une opération coup de poing contre les « Kulunas », c’est-à-dire les gangs de désœuvrés  de plus en plus nombreux, qui, sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, saccagent, volent, tuent à coups de machette, semant la terreur dans la ville.

Règlements de compte et confusions

Mais les dérapages guettent, avec leur cortège de règlements de compte, puisque la population est appelée à dénoncer les supposés criminels, et surtout, de confusions avec les shégué, nom donné aux enfants de rue.

Les membres d’une communauté chrétienne nous ont raconté que, lors d’une rafle dans leur paroisse, la nuit, les garçons et les hommes qui dormaient là avaient été séparés des femmes avant de se voir mitrailler. Sans autre forme de procès. Ils ont aussi vu deux jeunes abattus. Un policier s’est assis sur une chaise au-dessus de l’un d’eux, encore secoué de convulsions. Lors de notre conversation, le téléphone sonne: « Le dossier du jeune dont vous vous souciez est vierge. Vous pouvez venir le reprendre, à condition de payer 500 dollars« ….

L’aumônier d’un grand hôpital kinois parle de « bain de sang » tous les jours à la morgue. Le pire, c’est que la population, lassée des exactions, approuve pareilles exécutions extrajudiciaires, qui constituent  à tout le moins un déni de justice.

Les enfants ont droit à une protection particulière

La MONUSCO et l’UNICEF  rappellent que « l’Etat doit en toute circonstance faire respecter les droits humains, et assurer que les enfants bénéficient d’une protection particulière, selon la loi congolaise et les traités et conventions internationales. » « Une aide à la réinsertion sociale serait plus constructive« , ajoute un observateur. En attendant, ceux qui accueillent des enfants jetés hors de la case familiale par la misère, comptent anxieusement leurs chérubins tous les soirs, tandis que les kulunas se coupent la toison pour fuir discrètement.

Profondément choquée, la représentante de l’UNICEF à Kinshasa est venue elle-même sensibiliser les journalistes présents à une réception donnée par l’ambassade de Belgique. Son cri, comme celui d’autres défenseurs des droits de l’homme sera-t-il entendu ?

Béatrice PETIT

http://info.catho.be

Publié: 09/12/2013

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