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Un pape aimé des musulmans

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DIALOGUE INTERRELIGIEUX - La visite du pape au Liban aura laissé dans son sillage un sentiment extrêmement positif. Très rapidement la presse libanaise s’est répandue en commentaires enthousiastes. Un enthousiasme souligné par le cardinal Tauran président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, qui ne s’attendait pas à une telle réponse de la part des Libanais.  Comme l’a décrit Muhammad Sammak, conseiller du Grand Mufti du Liban, la présence du pape a constitué une parenthèse de soulagement dans le contexte à risque que traverse actuellement le pays des cèdres. Mgr Béchara Rai Patriarche des Maronites (la plus grande communauté religieuse au Liban), évoque à son tour une visite providentielle  pour l’avenir du pays.  Le P. Lombardi très présent au cours des trois journées a été impressionné par l’attention des musulmans aux discours du pape.

L’islamisme l’ennemi commun des chrétiens et des musulmans

Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, souligne l’enthousiasme avec lequel les interlocuteurs musulmans ont reçu les propos de Benoît XVI sur l’islam. Chargé au Vatican des relations avec la religion musulmane, le cardinal Tauran était aux côtés de Benoît XVI pendant toute la durée de la visite au Liban. Le cardinal a confié à l’agence Imedia qu’il ne s’attendait pas à une réponse aussi positive de la part des chefs musulmans mais aussi des musulmans de base.

« Le pape a dit exactement ce que nous attendions », lui a-t-on rapporté. Il précise cette réaction en  évoquant l’estime de l’islam témoignée par Benoît XVI, « tout en gardant, évidemment, la spécificité du christianisme ». Le pape a montré qu’il n’a aucun désir d’humilier l’islam, au contraire. Par ailleurs, dans l’exhortation apostolique, il affirme que vivre ensemble n’est pas une utopie ». Aussi ce voyage aura marqué une étape dans le dialogue islamo-chrétien estime–t-il.

« Chrétiens et musulmans ont un ennemi commun, qui est l’islamisme », lance le cardinal qui souligne le rôle important joué par l’école. » Depuis longtemps, je dis que tout doit commencer à l’école. C’est par l’école qu’on peut commencer à changer la société. Ce qui a fait le Liban, c’est l’école. La manière dont on enseigne l’histoire est déterminante. C’est la clé pour l’avenir. »

Tous voulaient que le pape reste plus longtemps

C’est ce qu’explique à l’Agence Fides Muhammad Sammak, conseiller politique du grand Mufti du Liban et Secrétaire général du Comité libanais pour le dialogue islamo-chrétien, il a participé au synode de 2010 comme invité. Il évoque le sentiment de soulagement perçu par la population au travers d’une anecdote : « Les chaînes télévisées se sont concentrées pendant quelques jours sur la visite du Pape et les hommes politiques avec leurs oppositions ont disparu des écrans. Tous en étaient contents et espéraient notamment pour cette raison que le voyage papal au Liban dure plus longtemps ».

Le conseiller du grand Mufti qualifie de phénoménal l’esprit avec lequel toutes les composantes musulmanes, même antagonistes, ont pris part aux différents moments de la visite du Pape. Il met en exergue l’approche des relations entre chrétiens et musulmans exprimée par Benoît XVI dans ses discours : « Le Pape a présenté la liberté religieuse comme le premier de tous les droits. Et cela me frappe quand il dit que l’antidote aux extrémismes n’est pas la tolérance. Nous ne voulons pas de relations islamo-chrétiennes basées seulement sur la tolérance. Elles doivent se fonder sur les droits de citoyenneté partagés par tous les citoyens puis sur la confiance mutuelle et sur l’amour réciproque. La tolérance à elle seule n’est pas suffisante ».

Chrétiens et musulmans main dans la main

« J’ai beaucoup apprécié l’attention que les musulmans ont accordée à tous les moments importants de ce voyage », a déclaré le P. Federico Lombardi, à son retour à Rome. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège dresse un bilan très positif, soulignant le caractère historique  de ces journées, durant lesquelles le pape a prononcé  des paroles fortes d’encouragement réaffirmant que « chrétiens et musulmans peuvent vivre ensemble sans haine pour bâtir, main dans la main, leur société. »

Mgr Béchara Raï relève à son tour l’extraordinaire encouragement que Benoît XVI a adressé aux jeunes chrétiens et musulmans leur confiant l’avenir du pays et de la région. Une visite providentielle résume le patriarche des Maronites d’Antioche et de tout l’Orient. Benoît XVI a donné un nouvel élan, une force nouvelle aux libanais. « Ils ont découverts la valeur du Liban comme pays de rencontre, de pluralisme dans l’unité, ils ont compris la valeur de leur convivialité islamo-chrétienne ».

 

http://info.catho.be

Publié : 21/09/2012

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