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Missionnaires de l’espérance et de la joie en monde populaire

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12/06/2015

Emmanuelle-Fourquet-300x225TÉMOIGNAGE - Les 1er, 2 et 3 mai 2015, ils faisaient partie des 700 jeunes religieux et religieuses qui ont participé en région parisienne au rassemblement « Brother & Sister Act II ». Issus du monde populaire ou/et investis dans des quartiers marqués par la précarité et le cosmopolitisme, ils vivent avec discrétion mais passion leur mission d’annonce que Dieu aime tout homme.

Emmanuelle F., Fille de la Croix : la sœur des habitants du Val Fourré

 

Son adresse, le Val Fourré (un quartier de Mantes-la-Jolie, à l’ouest des Yvelines), qui stigmatise tout jeune en recherche d’emploi, fait partie de son choix de vie. « Je ne connaissais pas ce monde populaire mais comme me l’a dit un jour une de mes Sœurs nous sommes du milieu où on nous envoie », commente Emmanuelle. Née dans une famille de la classe sociale « moyenne tirant vers le haut », elle a grandi « presque sous les avions » dans la région de Roissy, dans le Val d’Oise. Et elle qui n’avait « jamais rêvé d’être religieuse » vit aujourd’hui, à 40 ans, en communauté avec deux sœurs françaises de 78 et 76 ans et une sœur ivoirienne de 28 ans. Après une période de doutes et de révolte à la suite du décès de son grand-père maternel, il y a eu tout un chemin : des amis qui lui ont demandé de l’accompagner à la messe, un pèlerinage de Chartres, les JMJ de Paris auxquels elle a participé pour le diocèse de Pontoise à la liturgie, un voyage déstabilisant en Côte d’Ivoire qui l’a conduite à suivre une retraite avec un jésuite et surtout des contacts avec plusieurs congrégations. Au final, « Je n’étais chez moi que chez les Filles de la Croix » témoigne Emmanuelle. La volonté de leur fondatrice « qu’elles se fassent vraiment les sœurs des personnes avec qui elles sont » l’a conquise. Fonctionnaire territoriale pour la fonction publique au titre de son travail d’éducatrice de jeunes enfants, Emmanuelle Fille de la Croix est investie dans sa paroisse St Jean-Baptiste au catéchuménat et dans le groupe de dialogue avec les musulmans. Au Val Fourré où les catholiques représentent seulement 5% de la population mais « sont très pratiquants et ont « la foi vivante, chevillée au corps »», « notre travail, explique-t-elle, est d’être constamment à leur écoute et de les accompagner mais à leur rythme et sans nous mettre devant eux ». Sur le reste de son temps, Emmanuelle s’occupe de la Pastorale des jeunes de sa Congrégation, elle est webmaster du site de sa Congrégation et, quatre demi-journées par semaine, se rend à Paris, à l’Institut Catholique, pour préparer son baccalauréat canonique en théologie.

Benjamin V., fils de la Charité : « J’apprends l’humilité »

 

« Banlieue signifie mis au ban. On devrait tous se précipiter dans ces lieux de relégation et de fracture puisque Jésus est venu pour les pauvres », observe Benjamin, 33 ans, Fils de la Charité, membre de l’équipe de prêtres en charge des trois paroisses de Saint-Ouen. C’est dans cette commune arc-en-ciel de Seine-Saint-Denis et cette « Église vivante » avec près de «70% de chrétiens issus de l’immigration interne (les Antilles) et externe (d’Afrique Noire principalement)» que ce fils d’agriculteurs de Dordogne vit de façon épanouie sa vocation de religieux. « Jamais, raconte-t-il, je ne me suis questionné sur le lieu où l’institut, j’étais sûr de vouloir être apostolique et dans les milieux populaires. La seule question qui m’a taraudé était de savoir si j’étais vraiment appelé à la vie religieuse». Benjamin a cheminé sur cette route du discernement avec les Fils de la Charité. Voulant devenir éducateur spécialisé, il s’est vu proposer deux ans de volontariat dans le cadre de leur programme Jeunes Mission Banlieues puis a découvert avec eux « la vie en communauté et des prêtres simples et attentifs dans leur rapport aux gens ». Les Jésuites, qui lui ont permis « un vrai travail personnel autour de la mémoire et de l’Histoire » au cours de ses études de théologie et de philosophie au Centre Sèvres restent « une référence » mais « logiquement », c’est chez les Fils de la Charité qu’il a prononcé ses vœux. À Saint-Ouen où il a été en insertion et où il termine sa troisième année en mission, près de 80% de son temps est consacré, outre le cultuel, à la Pastorale des Jeunes. Son rôle ? « Accueillir tous ceux qui passent, réaliser l’unité dans la diversité, les aider à relire leurs expériences en les hiérarchisant et en voyant comment Dieu y est déjà présent ». Dans cette communauté chrétienne « pauvre en ressources financières et humaines », Benjamin témoigne être « ébahi par la confiance en Dieu des gens simples ». « Une des choses que j’apprends ici, explique-t-il, c’est l’humilité». Il aimerait leur manifester la même « bienveillance » que le Christ.

Emmanuelle G., religieuse de N.D de Charité du Bon Pasteur : à l’écoute des personnes en précarité

 

Dans l’immeuble de Toulon où elle habite en communauté, Emmanuelle, 45 ans, vit à plein la motivation qui l’a fait rentrer dans la Congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur : « pouvoir aider par sa disponibilité et son écoute » des personnes en difficulté. Comme elle le fait également en assurant le secrétariat diocésain de la Pastorale de la santé ou lors de sa permanence un après-midi par semaine, au centre-ville, dans la chapelle Sainte-Rita du centre des Maristes.

Dans le quartier Saint-Jean du Var de Toulon où la population cumule les difficultés d’être d’origine étrangère et /ou en précarité, l’immeuble « Providence » abrite le Centre de ressources de l’Union Diaconale du Var, l’accueil de jour de l’association « Les Amis de Jéricho » et 59 logements sociaux (dont 5 réservés à des prêtres). La petite communauté des Sœurs (deux en âge de travailler et deux âgées de plus de 75 ans mais bénévoles actives) sert de médiatrice entre les habitants, les commerçants et les sans- abri reçus à Jéricho et se veut « une oreille attentive et sans jugement » -et souvent lieu d’accueil- pour ses voisins dans l’épreuve. Une mission qui va au-delà des murs dans la mesure où, grâce à l’une d’elles, syrienne, les Sœurs assurent un suivi administratif et amical de familles d’Irak ou de Syrie à l’échelle de toute la ville. Autre engagement communautaire : participer aux rencontres fraternelles de la Fraternité Saint Laurent et aux temps de détente de la Diaconie avec les personnes dans l’épreuve et celles qui les accompagnent. « Ces tissages de liens gratuits et naturels, et les joies qui s’en dégagent font qu’on reçoit mutuellement beaucoup», témoigne Emmanuelle. Elle s’est réjouie de pouvoir « partager cet esprit qui lui tient beaucoup à cœur » aux autres Sœurs de moins de 60 ans de sa Congrégation venues en avril dernier lors d’une rencontre à Toulon et non à la Maison-Mère d’Angers, exceptionnellement.

Bénédicte R., petite Sœur du Sacré-Cœur : le Royaume en Seine-Saint-Denis

« Je n’aurais jamais pensé vivre dans le 93 », reconnaît Bénédicte, issue d’un milieu provincial plutôt bourgeois et d’une congrégation qui évoque les lointains. Et pourtant ! C’est bien dans l’Ile Saint-Denis que cette petite sœur du Sacré-Cœur se retrouve depuis 2007 à aller à la rencontre « de celui qui est aux frontières ». Et d’autant plus en tant que médecin au Samu social de Paris, dans une équipe mobile qui accompagne les personnes vivant à la rue et atteintes de tuberculose.

Dans son quartier cosmopolite où cohabitent pas loin de 70 nationalités, carrefour de « milliers de déracinés », « j’ai l’impression, témoigne-t-elle, de m’inculturer en terre étrangère ». Elle qui a choisi sa congrégation « pour vivre l’amitié avec tous et chacun, l’Adoration eucharistique, la vie fraternelle et l’accueil de l’autre quel qu’il soit » déclare trouver « extraordinaire qu’aucune ethnie ne prenne le dessus». Elle témoigne y pressentir « quelque chose du Royaume ».

Modeste présence chrétienne en terre dominée par l’Islam, la paroisse multiculturelle s’y avère « très vivante ». Mais la petite fraternité de quatre Sœurs (une espagnole et trois françaises -dont une origine de l’île de la Réunion- de 38 à 68 ans) qui habite à côté de l’église Saint-Pierre et accueille des jeunes en recherche d’un temps d’approfondissement humain et spirituel, n’est pas là d’abord pour la pastorale. «Notre mission, explique Bénédicte, est d’annoncer l’Évangile par toute notre vie en vivant avec les gens, en tissant petit à petit des relations d’amitié avec nos voisins. Je rencontre ici des femmes du monde entier, de toutes religions, toutes cultures. Un de nos modèles forts, à la suite de Charles de Foucauld, est celui de la Visitation : aller à la rencontre de l’autre sans autre but que cette rencontre, celle du Christ vivant en elle, en lui ». Avec les petits frères de l’Évangile présents sur l’île et le prêtre de la paroisse, foucauldien également, la communauté partage aussi sa prière, temps d’adoration ou offices liturgiques, avec les personnes du quartier qui le souhaitent.

 

Source: eglise.catholique.fr, 18/05/2015

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