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Ni professeurs, ni maîtres, mais des témoins !

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07/05/2015

CCEEFORMACION - Comment est-il possible d’aider les étudiants universitaires à découvrir et à vivre la plénitude de la vie de l’Evangile, à être et devenir responsables dans la vie? Voilà ce que se sont demandé les plus de cinquante délégués de pastorale universitaire des Conférences épiscopales d’Europe, dont nos représentants belges, réunis à Lodz (Pologne) pour réfléchir et dialoguer sur le thème de la formation à la responsabilité des jeunes universitaires.

La période universitaire est à la fois une période d’épreuves et une opportunité pour l’étudiant universitaire. Mais la culture liquide dans laquelle vivent les jeunes d’aujourd’hui, ne facilite pas la prise de responsabilités car elle ne conduit à aucune forme de stabilité dans leur vie. L’étudiant est souvent emprisonné «dans la trinité du je, du moi et du soi-même». C’est l’image de la «bulle» évoquée par les participants qui rappelle la culture actuelle du selfie, de l’auto-référentialité, qui enferme les étudiants dans un solipsisme narcissique et qui les rend incapables de s’ouvrir à l’autre et à Dieu. C’est donc aux opérateurs de la pastorale universitaire que revient la tâche de faire éclater cette bulle et d’ouvrir les esprits et les cœurs des étudiants à la transcendance, à l’Evangile de Jésus.
Parallèlement, afin que l’expérience universitaire devienne un temps d’enrichissement, non seulement en termes intellectuels et professionnels, mais pour que ce soit également une phase de croissance spirituelle, il est nécessaire que l’étudiant puisse cultiver son propre ‘je’, ainsi que le rapport avec les autres et avec Dieu. Pour ce faire, les participants ont utilisé l’image du ‘bateau’. Le bateau se veut comme une invitation à sortir de l’auto-référentialité pour naviguer en pleine mer, pour affronter les insécurités de la vie et apprendre à naviguer sur les flots et le courant de l’existence. Le bateau est une métaphore de l’Eglise, de la communauté des fidèles, où les étudiants peuvent s’alimenter et être soutenus.

Durant ces quatre journées de travail (16-19 avril) qui se sont succédé à Lodz, les évêques, les directeurs de pastorale universitaire, les aumôniers et les responsables d’associations ont abordé le sujet suivant: «Etre et devenir responsables dans la vie». Il en a découlé un certain nombre de «mots-clés» qui peuvent inspirer l’activité de ceux qui travaillent, aujourd’hui, au service du monde universitaire.

- Accompagnement: l’éducateur ne doit pas fournir des réponses immédiates, mais il doit plutôt aider l’étudiant à entendre la ‘réponse’ qui se développe déjà dans son cœur; à laisser la place à l’écoute de sa conscience. En ce sens, il ne faut pas que l’éducateur sache seulement ce que dit l’Eglise concernant certains sujets, mais il doit également savoir leur expliquer la raison de certaines affirmations.

- Communauté-foyer: les participants ont souligné l’importance de faire en sorte que les aumôneries universitaires deviennent un «foyer» pour former des chrétiens adultes, afin qu’ils puissent vaincre la solitude dans laquelle ils sont souvent plongés. Lorsqu’il y a des internats universitaires, ceux-ci doivent constituer de véritables gymnases pour la vie adulte. L’internat universitaire ouvre à une véritable responsabilité personnelle et à la socialité; il permet d’entrer dans la vie de façon autonome et adulte.

- Témoignage: pour communiquer le Christ comme présence vivante dans la vie des étudiants, pour que l’on puisse montrer que l’Evangile peut rencontrer et interagir avec la vie des jeunes et pour éviter que la foi ne soit perçue comme une «dimension abstraite de la pensée» qui semble n’avoir rien à voir avec la vie et avec la réflexion académique, il n’y a pas besoin de professeurs ni de maîtres, mais plutôt de témoins qui soient en mesure de montrer la cohérence entre ce qu’ils prêchent et ce qu’ils vivent. Les jeunes universitaires ont besoin d’authenticité.

En d’autres termes, il découle du Congrès CCEE l’idée que la responsabilité, dans un milieu chrétien, est toujours comprise comme responsabilité pour soi-même, pour l’autre et à l’égard de Dieu. Seule cette responsabilité vécue avec cohérence peut faire face à la culture de la mort qui sévit de nos jours. Durant la rencontre, les participants ont d’ailleurs eu la possibilité d’approfondir le sujet de la vie dans l’héritage chrétien du diocèse de Lodz, ville de martyrs et de saints, où s’est amorcé le chemin de sainteté de Saint Maximilien Kolbe et de Sainte Faustina Kowalska. Les participants ont également voulu rendre hommage à ceux qui n’ont pas pu vivre l’enfance et la vie, hier comme aujourd’hui, en visitant le seul camp de concentration nazi pour enfants polonais et le musée «Radegst» consacré à l’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Source: InfoCatho.be, 06/05/2015

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