English Français Italiano Espanol
Left cap
Right cap
Content top cap

Dominicains, à la pointe de l’annonce de Dieu

Envoyer Imprimer PDF

20/03/2015

thierry hubert op-199x300TÉMOIGNAGE - L’ordre des Dominicains fête son 8ème centenaire, en conjuguant tradition et modernité. Portraits de quatre « frères prêcheurs » immergés dans le dialogue de la foi avec le monde. Par Chantal Joly.

Frère Thierry, missionnaire sur Internet
À 30 ans, il avait déjà entendu des sermons interpelants mais rarement cette « parole renouvelée, vraie et profondément vivante qui sort des tripes et semble avoir été longtemps ruminée ». L’impression ressentie un jour en entendant prêcher des Dominicains a décidé de sa vocation. Sans qu’il soit « formaté par une école de communication », mais « patiné dans son coeur et sa chair par la manière de vivre ensemble avec ses frères », »tout dans la vie du Dominicain est une prédication », déclare Frère Thierry Hubert. Lançant la 13ème édition de « Carême dans la Ville », le responsable des sites internet de « Retraite dans la Ville » , au couvent de Lille (où il est l’assistant du provincial), se réjouit de l’extrême réactivité des internautes et de la diffusion des méditations via des aumôneries d’hôpitaux ou des guides d’obsèques Un outil « efficace », sauf pour la génération en décalage de culture religieuse des 18-25 ans ; cette « terre » à conquérir » en évitant « le langage de la tribu ». Mais c’est tellement stimulant de se « retrouver dans la position d’un missionnaire du Nouveau Monde » !

Frère Yves, l’exigence de la télévision
Les voies du Seigneur sont décidément déroutantes qui font d’un enfant « taiseux » puis d’un auteur historique un intervenant du Jour du Seigneur. Formateur de chefs Scouts, Yves Combeau s’est rendu compte qu’il « aimait parler du Christ » et qu’il était performant à ses oraux d’examens. Alors qu’il se destinait à être prêtre diocésain, il a été été conquis par « la joie, l’intelligence et la prédication » des Dominicains. Trois qualités à celle-ci : donner à comprendre la mystère de la foi sans intellectualisme vain, la vérité du coeur et une audace qui n’exclut pas l’humour. Mais « l’énormité des foules atteintes par la télévision rend exigeant ». Les sermons télévisés doivent être « clairs, courts, accrocheurs ». Préparés mentalement et dans la prière, ils sont ensuite soumis à la bienveillance critique de l’équipe. Puis, le jour J, il faut faire abstraction des projecteurs et des caméras et se transformer en « un homme qui aime ceux à qui il s’adresse ». Collaborer avec l’Esprit Saint en restant à sa place : « Ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Mt 10, 20).

Frère Antoine, un témoignage de vie pour les jeunes


Voir un religieux qui venait de chanter le Salve Regina descendre en maillot de bain à la plage avait séduit le jeune scout, alors en camp en Corse. Avec le recul de 26 années, celui qui a choisi de rentrer chez ces Dominicains épanouis analyse : « Par-delà les mots, on peut donner un témoignage qui manifeste un rapport à Dieu et aux autres toxique, caustique ou source de vie ». Ancien maître des étudiants au couvent de Lille, puis producteur au Jour du Seigneur pour les Dom-Tom, le Père de la Fayolle reconnaît que certains de ses frères sont des orateurs « plus doués ». Devenu responsable de la Pastorale des jeunes du diocèse d’Évry -où s’est ouvert une communauté de Dominicains-, tout son défi est « de transmettre une parole forte qui ne fasse pas « pieuse », de redonner du piment à des mots usés comme celui « d’amour » ou codés, tels que les « paraboles » (confondues par les jeunes avec celles des antennes TV) ». Il n’hésite donc pas à prendre des images « décalées, voire provocantes » pour capter son auditoire. Récemment, il a vu revenir du rassemblement « Ecclesia Campus » 4 étudiants « transformés ». Sa mission ? Les accompagner, en étant « capable d’être sérieux sans se prendre au sérieux », dans cette expérience que « l’Évangile, école de vie, permet de grandir en qualité d’existence ».

Frère Marc, signifier la présence de Dieu en prison 


Biochimiste de formation, Marc Bellion a rejoint à 32 ans (la « moyenne haute ») un ordre permettant de concilier « étude et vie religieuse ». S’affirmer scientifique ET croyant lui semble déjà « une forme de prédication » ; c’est-à-dire « tout ce qui contribue à signifier-sans forcément parler ou prêcher- la présence de Dieu ». À son retour d’un stage au Pérou en communauté, au cœur de la forêt amazonienne, Marc le Luxembourgeois a été assigné au couvent de Nancy. Ayant donné des cours en prison pendant son noviciat, il n’a pas été « effrayé » de la proposition d’y être aumônier. Et puis, « ce n’est pas rien comme motivation » que « de croire ce que Jésus a dit » rapporté par l’évangéliste Matthieu : « J’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi… » ! Bien sûr « chaque situation pastorale a sa spécificité de langage », mais lorsqu’il y célèbre la messe, il s’agit « du même contenu ». « Bien à l’aise » dans sa mission de « partage des peines et des joies » des détenus, Marc apprécie « d’équilibrer ainsi sa vie » entre activités intellectuelles et monde de la précarité : Les mercredis matins dans sa cellule entouré de ses livres (théologie, philosophie, sciences..), les après-midis au centre de détention d’Écrouves.

Huit siècles de prédication
L’Ordre des Prêcheurs, fondé en 1215 par Dominique de Guzman, est approuvé par le Pape Honorius III en 1216. Après que Dominique eut envoyé ses frères deux par deux à travers l’Europe, des communautés s’installent rapidement partout dans le monde. L’ordre compte aujourd’hui 84 provinces. Celle de France comprend les deux tiers nord de l’Hexagone (grosso modo de Lille à Lyon), mais lui sont aussi confiés un certain nombre de territoires, des vicariats, dont le trop petit nombre de frères ne permet pas encore un gouvernement autonome : la Dacie (Scandinavie), le Monde arabe (Algérie, Égypte, Irak), l’Afrique équatoriale (Cameroun, République centrafricaine, Congo) et les Pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie). Le VIIIe centenaire est célébré au cours d’une série d’événements (parution de livres, expositions, conférences) échelonnés jusqu’en juillet 2016.

Source: eglise.catholique.fr, 23/02/2015

AddThis Social Bookmark Button
 
NEWSLETTER
Inscrivez-vous à notre "Newsletter" et vous recevrez régulièrement les principales nouvelles
captcha
Content bottom cap