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Va vers toi-même!

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10/12/2014

timthSPIRITUALITÉ - Il est important que chacun devienne plus fort intérieurement dans un monde où le temps s’accélère et les espaces territoriaux se réduisent. Cela passe par la relation que chacun a vis-à-vis de lui-même, de l’autre, du Tout Autre.

Se présenter, c’est se rendre présent, c’est convoquer l’autre à l’écoute. Pour démarrer, nous avons été invités à nous présenter non pas sous forme de la déclinaison habituelle du curriculum vitae mais par un court récit offrant en quelques mots le cœur du cœur de ce qui habite chacun. Chaque participant avait seulement quelques petites minutes pour laisser remonter l’évènement déclencheur qui a été au cœur de sa vocation religieuse, un évènement, une question, une révolte qui a frappé de négativité un moment, une rencontre suffisamment forte et un rêve pour demain dans lequel chacun se sent impliqué.

La langue du cœur se parle partout et est comprise par quiconque. Il n’a suffi que de deux petites heures pour que ce groupe de 43 participants aux multiples diversités devienne un corps. Nous nous sommes reconnus de la même humanité, de la même terre pétrie par les mains du même Créateur. Le subtil caché dans ce monde matérialiste qui renforce tout homme dans son humanité se révèle alors.

Sans Dieu dans la relation à l’autre, le risque de confusion est grand, l’écoute menacée et la personne ne peut se rendre présente dans une relation fusionnelle. Notre société fonctionne ainsi selon un mode relationnel binaire où aucun « tiers » n’est admis dans la relation entre deux personnes. Ce « tiers » que nous pouvons nommer Dieu, Vie, Origine joue le rôle de séparation et permet qu’entre deux personnes, une référence, un vide, un « rien » existe : c’est le relation ternaire où le suspens est admis pour permettre l’écoute à la manière de Dieu qui dit, propose, attend une réponse.

Quand j’écoute l’autre, j’écoute la Vie en lui. Je ne cherche pas à lui faire plaisir, je suis médiateur de la Vie qui vient nous visiter. J’écoute l’autre du côté de la Vie en laquelle j’ai confiance car Elle me sauve. Il y a en l’autre la vie de Dieu comme Elle est en moi. Chacun est un temple de l’Esprit qui recèle une promesse. Cette manière de voir la relation crée de l’ouverture en moi et provoque un appel d’air chez l’autre.

Prendre soin de mon désir pour ne pas le tuer. Quel est mon désir derrière ma parole? Dans ma relation à l’autre, il est nécessaire de porter une attention particulière à la manière de dire et de répondre, de m’interroger sur ce qui est caché derrière ma demande. Quand je parle mon corps est-il tranquille ? Tremble-t-il ? La souffrance d’autrui ne doit pas se confondre avec la mienne. Sinon nous devenons esclaves mutuellement. Quand cette souffrance monte en moi, qu’est-ce qui m’apaise ? De quoi ai-je besoin pour traiter le serviteur souffrant que je suis ?

Justice et paix commencent par soi-même. Ma vraie puissance est d’accepter d’abord le changement pour moi-même avant de vouloir le changement pour les autres et le monde. Nos transformations se font dans la rencontre avec l’autre. Nous sommes appelés un par un par un Dieu en conversation avec l’homme. Il l’invite et l’accompagne à « quitter son pays, sa parenté, ses idoles pour aller vers le pays qu’il lui montrera. »

« Va vers toi-même ! » Cet appel est comme un viatique pour parcourir notre marche de nuit. Sa puissance doit être gravée dans chacune de nos mémoires! Le Bon Berger nous aidera à passer par la bonne porte, il nous enverra des anges. Soyons attentifs aux signes ! Rien ne peut nous séparer de l’Amour sauf notre liberté. Voulons-nous être obéissants à la Vie ou non ? « Tu vivras ! » et « Tu ne tueras pas !» sont les signatures de Dieu en chacun.

Vie en groupe. Dans un groupe, j’ai besoin d’exister, d’être dans une relation à l’autre en toute sécurité. Cela est possible dans un groupe à modèle d’équilibre où l’humain est au centre. Mais quand la peur est première, j’en viens à nier celui que je crains pour être en relation avec mes pairs et exister parmi eux. C’est le groupe à modèle d’ordre qui se répand de plus en plus dans nos sociétés démocratiques où la peur nous menace véritablement. Mais derrière cette peur, il y a un désir sur lequel le Christ va pouvoir s’appuyer pour nous guérir. Quel est ce désir caché ? A quel moment monte cette émotion ? Qu’est-ce qu’elle réveille ? Comment je m’écoute pour aller vers l’autre ?

La clé pour une relation vivante et vivifiante. Quatre verbes : donner, recevoir, demander, refuser. Donner sans trop donner ni imposer, recevoir pour devenir une terre hospitalière, demander non pour être exaucé mais pour être entendu, refuser, dire non pour dire oui à la Vie.

Nous avançons sur le chemin de la recherche de la vérité où il est bon de prendre soin du goût de l’amour et de la beauté pour accompagner hommes, femmes, enfants dans ce monde en mutation. En cette fête du Christ Roi, la liturgie animée par la communauté des frères Carmes d’Avon nous a aidés à nous tourner davantage vers Celui à qui nous avons donné notre vie, vers Celui qui nous donne la Vie.

Une session proposée par le Réseau CORREF des Jeunes Religieux(ses) d'Ile de France-Reims-Tours-Lille animée par Maryse Laval

Source: bonsecoursdetroyes.com

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