English Français Italiano Espanol
Left cap
Right cap
Content top cap

Manifestation interreligieuse et fraternelle à Lyon

Envoyer Imprimer PDF

03/10/2014

lyonDIALOGUE INTERRELIGIEUX - « Favoriser le respect de l’autre », c’est l’objectif de plusieurs responsables religieux chrétiens, juifs et musulmans qui ont appelé à un grand rassemblement mercredi soir à Lyon, à 19 heures, place Bellecour. Une mobilisation alors que les exactions de l’Etat islamique en Irak et en Syrie se sont multipliées suscitant l’inquiétude et la révolte. Il s’agira, indique le diocèse de Lyon de « vivre un temps de fraternité et d’engagement ». Sur son site, la mosquée Othmane de Villeurbanne appelle ainsi tous les musulmans, tous les croyants et tous les citoyens à se rassembler « dans un contexte où on tente de nous opposer et nous imposer la haine et le rejet de l’autre ». Parmi les personnalités qui seront présentes : le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon.

Lors de ce grand-rendez-vous, un texte intitulé « Nous nous engageons », signé déjà par une centaine de responsables religieux, du monde politique ou de la culture, dont le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, sera rendu public. Il servira ensuite de base aux travaux du quatrième Forum islamo-chrétien qui se tiendra à Lyon les 28, 29 et 30 novembre. 

A l’origine de cette initiative : Azzedine Gaci, recteur de la mosquée Othmane de Villeurbanne et le père Vincent Feroldi, délégué épiscopal aux relations avec les musulmans. Ce dernier nous explique le sens de cette démarche

mp3 icon

Ce rassemblement fait suite aux événements qui sont survenus, en particulier au Moyen-Orient, que ce soit le conflit israélo-palestinien ou la guerre en Irak et en Syrie et puis tout dernièrement, malheureusement ces actes atroces et barbares issus de l’organisation terroriste Daech (Ndlr, Etat islamique). En France, la population a été très choquée par l’assassinat d’Hervé Gourdel. On s’est dit qu’il fallait immédiatement inviter les Lyonnais et même plus largement, tous les responsables religieux et finalement, tous les citoyens à dire « non » à ce terrorisme, « oui » à une vie fraternelle citoyenne et en même temps, à s’engager très explicitement au quotidien en fonction de nos responsabilités diverses, mais multiples.

Chacun a un rôle à jouer, à la fois les leaders religieux, les parents dans l’éducation des enfants, mais aussi les médias. Qu’attendez-vous des différents acteurs de la société ?

Qu’ils se rassemblent avec nous, non seulement Place Bellecour à Lyon, mais également sur un texte d’engagement qui va s’intituler « Nous nous engageons » et où, les uns et les autres vont pouvoir s’engager en fonction de sa responsabilité. Par exemple les évêques, les rabbins, les muftis et les pasteurs, dans leurs prédications peuvent interpeler les fidèles sur comment vivre la fraternité, comment construire ensemble un monde plus juste, plus solidaire. Les élus politiques peuvent s’engager, dans leurs actions politiques, afin d’éviter ces cloisonnements ou ces communautarismes mais au contraire, inviter tout le monde à vivre profondément la citoyenneté. Les éducateurs et les enseignants peuvent ouvrir en particulier les jeunes à un monde pluriel et multiculturel. Les parents et les familles peuvent montrer à leurs enfants le respect de l’autre. Voilà, c’est toute une série d’engagements. Et puis, il y a aussi le monde de la culture qui est sollicité.

Vous sentez aujourd’hui à Lyon et dans sa banlieue un climat de tensions, de radicalisations ? Les communautés sont-elles en train de se refermer sur elles-mêmes ?

Alors, je ne sais pas si elles sont en train de se refermer mais en tout cas, c’est la peur. Par exemple, je vois tout à coup la communauté chrétienne qui a peur. Peur d’un Islam qu’elle ne connait pas très bien. Les musulmans ont peur d’être stigmatisés alors qu’autour de moi, tous les musulmans que je connais disent : « Notre religion, ce n’est pas cela. L’Islam, c’est un Islam de paix, un Islam de fraternité et on dénie à ces terroristes le droit d’utiliser notre religion ». Et donc, à partir de ces peurs, de ces craintes et de ces troubles, il est important de justement aider les uns les autres à reconnaître et à découvrir l’autre vraiment sur ce qu’il est et non pas sur ce que sont les images qu’on a au plus profond de nous-mêmes malheureusement, des slogans ou des actes terribles comme ceux que font l’organisation Daech.

Face aux récentes exactions et notamment, aux décapitations, il est fondamental que les différents leaders religieux affichent main dans la main leur refus de ces violences ?

C’est fondamental et peu à peu, chacun a pris vraiment en compte l’importance de se montrer ensemble. Et non seulement le monde religieux mais la société civile nous rejoint aussi. Et c’est pour cela que des hommes politiques, des gens de la culture, des citoyens et des membres d’association s’engagent à nos côtés. Tous disent qu’ils s’engagent avec nous.

Vous avez senti de la part des musulmans avec qui vous travaillez un réel malaise, une réelle blessure suite à ces violences et à ce qui est en train de se passer en Irak et en Syrie ?

Malaise, blessure mais même, indignation et révolte en disant « mais non, l’Islam, ce n’est pas cela ». Ayant vraiment peur parce qu’autour d’eux, ils se rendent bien compte que des non-musulmans font malheureusement cet amalgame entre l’Islam, l’islamisme et le terrorisme. Et il est important pour eux de le dire, d’en témoigner et de se sentir soutenus. Donc, c’est pour cela qu’il est aujourd’hui essentiel de témoigner de la fraternité. Et c’est même urgent de pouvoir bien le montrer. 

Source: Radio Vatican, 29/09/2014

AddThis Social Bookmark Button
 
NEWSLETTER
Inscrivez-vous à notre "Newsletter" et vous recevrez régulièrement les principales nouvelles
captcha
Content bottom cap